Des militants LREM lancent le hashtag #BalanceTonMaire, Baroin dénonce une campagne de «dénigrement» des maires

TAXE D'HABITATION L’Association des maires de France a demandé à Emmanuel Macron « de faire cesser cette séquence déplorable »…

H. B.

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Illustration d'un avis de taxe d'habitation.
Illustration d'un avis de taxe d'habitation. — GILE MICHEL/SIPA

« Dénigrement », « dérapage insupportable »… Des militants LREM ont lancé ce vendredi sur les réseaux sociaux le hashtag #BalanceTonMaire pour dénoncer la décision de certains maires d’augmenter la taxe d’habitation, que le gouvernement a entrepris de supprimer.  L’Association des maires de France (AMF), présidée par François Baroin, a dénoncé une campagne de « dénigrement irresponsable » et demandé à Emmanuel Macron « de faire cesser cette séquence déplorable ».

Le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin avait indiqué jeudi que 55 communes de plus de 10.000 habitants avaient voté des augmentations de taxe d’habitation, renvoyant sur les maires la responsabilité de la hausse constatée par certains contribuables. Des militants LREM en ont alors profité pour les montrer du doigt sur les réseaux sociaux.

« La campagne enclenchée par les groupes se réclamant du parti majoritaire autour du hashtag #BalanceTonMaire, par référence à une campagne mondiale stigmatisant des délits ou des crimes, est vécue par les élus comme une insulte personnelle », écrit l’AMF. « Le gouvernement et le parti majoritaire » portent, selon l’association, « une responsabilité majeure dans ce « dérapage insupportable ».

Des élus en colère

Ces déclarations ont provoqué de vives critiques des élus. Les maires attendent « des excuses publiques » et demandent au chef de l’État « de faire cesser cette séquence déplorable », qui « nourrit un peu plus les populismes qu’il prétend combattre ». « En agissant ainsi, l’État s’engage dans une impasse, aggrave la crise de confiance, déjà forte, avec les territoires et s’isole un peu plus des acteurs locaux », a ajouté l’AMF.

De nombreux élus du PS et des Républicains ont également dénoncé ce hashtag. C’est le cas par exemple de Florence Portelli, maire LR de Taverny dans le Val-d’Oise.

« La campagne #balancetonmaire est une démarche qui fait honte à notre démocratie. Elle fait souffler un vent de populisme et l’élu républicain que je suis ne peut le supporter. J’apporte tout mon soutien aux élus locaux qui œuvrent quotidiennement pour l’intérêt général », a également tweeté le socialiste Patrick Kanner.

LREM se désolidarise du hashtag

Le gouvernement et la majorité se sont désolidarisés de ce hashtag. « Je ne partage pas ce hashtag, ni la mise en cause, ni la comparaison plus que douteuse que cela traduit », a affirmé ce samedi sur franceinfo le secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Action et des Comptes Publics Olivier Dussopt.

La vice-présidente du groupe LREM à l’Assemblée Amélie de Montchalin a également pris ses distances vendredi avec ce hashtag. « Il n’y a de notre côté aucune chasse à l’homme, aucune chasse au maire. Ce #balancetonmaire est totalement inadapté », a-t-elle affirmé au micro d’Europe 1.