«Avoir un enfant en moins»... L'AFP s'explique après sa publication contestée sur le réchauffement climatique

POLEMIQUE Dans une infographie postée sur les réseaux sociaux, l’AFP reprend les données d’une étude conseillant de faire moins d’enfants pour « réduire son empreinte carbone »…

L.Br.

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Capture d'écran du post de l'AFP.
Capture d'écran du post de l'AFP. — AFP/Twitter

Pour faire des économies d’énergie, avoir moins d'enfants serait plus efficace que changer une ampoule. Après la publication d’un graphique lundi par le compte de l’Agence France Presse (AFP) sur Twitter, de nombreux internautes se sont offusqués de cette idée pour limiter le réchauffement climatique. Selon l’AFP, ces données viennent d’une étude, contestée par certains scientifiques.

Après la publication du diagramme avec la légende « Quelques moyens pour réduire son empreinte carbone », ce post a fait réagir les internautes sur Twitter, accusant l’AFP de « malthusianisme », cette théorie qui prône la restriction démographique. D’autres y ont même vu la théorie du grand remplacement.

Une étude polémique à l’origine

« Nous ne faisons que relayer le résultat d’une étude publiée dans une revue scientifique de référence », s’est expliqué Grégoire Lemarchand, rédacteur en chef adjoint de l’AFP en charge des réseaux sociaux, auprès du Huffington Post. « Je regrette que l’on nous accuse de faire la promotion du malthusianisme. Il y a une source, l’AFP ne dit rien, nous relayons simplement », précise-t-il.

Cette source, c’est une étude publiée en 2017 dans la revue Environmental Research Letters, dont le contenu a été validé par d’autres scientifiques, rappelle le HuffPost. L’étude elle-même avait provoqué une polémique, entraînant des explications de ses auteurs. L’un d’eux a précisé dans une interview au site catholique Life Site que « le vrai problème n’est pas d’avoir des enfants, mais la société de forte consommation dans laquelle ils vont naître ». Et de préciser que « si les émissions diminuent drastiquement, l’effet d’avoir un enfant supplémentaire pourrait être 17 fois moins important ».

L’AFP a depuis précisé qu’évidemment, elle « n’invite pas à faire moins d’enfants ». « On a jugé que c’était une publication sérieuse. Qu’elle fasse réagir, ça ne me pose pas de soucis. On peut admettre qu’il aurait peut-être fallu mieux expliquer, mieux contextualiser l’étude », admet Grégoire Lemarchand.