Les modes de consommation des Français se diversifient de plus en plus

CONSOMMATION La question environnementale préoccupe beaucoup…

Nicolas Raffin

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Illustration d'un supermarché
Illustration d'un supermarché — Pixabay
  • L’Observatoire société et consommation a publié sa nouvelle étude ce jeudi.
  • Elle révèle que les pratiques issues de la crise perdurent.
  • La position des Français sur l’environnement n’est pas dénuée de paradoxes.

L’image du consommateur poussant son chariot dans les allées d’un supermarché sera-t-elle bientôt archaïque ? Dans sa nouvelle étude sur les « consommations émergentes » publiée ce jeudi, l’Observatoire société et consommation (Obsoco) prouve que les pratiques « alternatives », qui se sont développées pendant la crise, continuent de progresser.

La 4e vague de cette enquête* (après celles de 2012, 2013, et 2015) montre par exemple que le « glanage », c’est-à-dire le fait de récupérer des objets ou des meubles sur les trottoirs, continue de progresser. Près de 41 % des personnes interrogées ont eu recours à cette pratique au moins une fois au cours de l’année 2017 (+3 points par rapport à 2012). Et contrairement à une idée reçue, les sondés ayant des revenus élevés (plus de 5.000 euros mensuels) font autant de « glanage » que ceux avec des revenus plus modestes (moins de 1.500 euros par mois).

Airbnb, un truc de jeunes

« Cela montre que derrière une même pratique, il peut y avoir des publics et des motivations très différentes » analyse Philippe Moati, économiste et cofondateur de l’Obsoco. D’autres habitudes de consommation sont en revanche plus segmentées.

Ainsi, l’utilisation d’une plateforme de type Airbnb pour louer le logement d’un particulier sur une courte durée est plutôt le fait des 18-30 ans (39 % de cette tranche d’âge y ont eu recours, contre 14 % des 51-60 ans), ayant des revenus confortables et habitant dans des grandes agglomérations.

Confiance et défiance

L’étude s’intéresse aussi à la confiance accordée par les Français aux différents acteurs de la consommation. Les associations de défense des consommateurs (82 % leur font confiance), les artisans (80 %) et les petits commerçants (80 %) sont en tête.

En revanche, les enseignes de la grande distribution (44 %), et les grandes entreprises (41 %) sont loin de rassurer les consommateurs. Une défiance peut être due en partie à la récente affaire Lactalis, qui a mis en lumière plusieurs failles dans la fabrication et la distribution de laits infantiles contaminés.

Le paradoxe de la consommation

Enfin, l’Obsoco montre que la question environnementale est de plus en plus scrutée au moment des achats. Plus de 26 % des Français interrogés se disent désormais « très préoccupés » par les questions d’environnement et d’écologie (+12 points par rapport à 2012) et 77 % affirment avoir modifié leurs habitudes de consommation en conséquence.

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Cette préoccupation pour l’avenir de la planète n’est pas dénuée de paradoxes. Car si 86 % des sondés jugent que leur manière de consommer « nuit à l’environnement », 74 % estiment aussi que « consommer, pouvoir acheter ce qui fait plaisir, contribue fortement au bonheur ». Un chiffre qui montre que la société de consommation, malgré quelques évolutions, est encore loin de disparaître.

 

*L’étude 2018 a été conduite du 13 au 26 décembre 2017 sur la base d’un échantillon de 4.034 personnes, représentatif de la population nationale âgée de 18 à 70 ans.