VIDEO. Rennes: Des fauteuils roulants bricolés à partir d’anciens vélos électriques

INNOVATION Les anciens vélos loués par la métropole sont démontés et réutilisés….

Camille Allain

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Un vélo électrique proposé à la location longue durée par Keolis, pour le compte de Rennes Métropole.
Un vélo électrique proposé à la location longue durée par Keolis, pour le compte de Rennes Métropole. — C. Allain / 20 Minutes
  • Deux associations ont customisé un fauteuil roulant pour lui apporter une assistance électrique.
  • My Human Kit et La Petite Rennes ont récupéré les anciens vélos à assistance électrique de Keolis, qui les propose à la location longue durée dans Rennes Métropole.
  • Ce réemploi offre des débouchés à ces batteries et moteurs qui se compteront des milliers dans les années à venir.
  • Mené en open source, ce travail pourra être partagé avec le grand public.

Un pied de nez aux fabricants de matériel paramédical. Début juillet, des Rennais ont réussi à fabriquer un fauteuil roulant à assistance électrique, uniquement à partir de composants récupérés sur de vieux vélos électriques. Un petit exploit qui pourrait offrir une seconde vie aux milliers de batteries dont on ne saura plus quoi faire dans les années à venir.

L’aventure a commencé dans les couloirs de la Maison des associations à Rennes, où l’association La Petite Rennes avait installé son bureau. Cet atelier d’auto réparation de vélos a mis sur pied sa propre filière de réemploi afin de collecter, de réparer puis de revendre des deux-roues à petits prix.

L’an dernier, elle s’est penchée sur le sort des vélos à assistance électrique proposés à la location longue durée par Rennes Métropole. « Quand ils sont loués deux ans mais que l’usager ne l’achète pas, les vélos électriques sont invendables, alors même qu’ils sont récents et en bon état », explique Antoine Rivière, qui a porté le projet à La Petite Rennes.

Des vélos sans électricité retapés

L’association a alors proposé à Keolis, qui gère la location pour le compte de Rennes Métropole, de récupérer les vélos pour leur offrir une seconde vie « sans électricité ». Une fois démontés, les batteries et moteurs ont été transmis à My Human Kit. Cette association a été créée par Nicolas Huchet, devenu célèbre pour avoir conçu lui-même sa prothèse de main articulée.

Depuis, My Human Kit travaille au quotidien pour développer l’open source, qui permet le partage des connaissances au plus grand nombre. « L’un de nos salariés se plaignait de ne pas avoir d’assistance électrique sur son fauteuil roulant. Ça lui aurait parfois rendu service pour suivre ses enfants ou se déplacer facilement », relate Yoann Veron, l’un des managers de ce « fab lab ».

Un fauteuil roulant customisé… pour 100 euros

Pari gagné. En moins de deux jours, le petit fauteuil roulant équipé d’une batterie de vélo électrique a fonctionné. « C’est un système amovible que l’on peut installer en une ou deux minutes », poursuit le membre de My Human Kit. Coût de fabrication ? « Cent euros. C’est le prix de la carte électronique qui nous a permis de prendre le contrôle du moteur et de ne pas être limités aux trois vitesses proposées sur le vélo ». Dans le commerce, un même système aurait coûté 3.000 à 4.000 euros.

Spécialiste de l’open source, l’association va évidemment mettre au profit du grand public toutes ses découvertes. Les batteries et moteurs pourraient également être envoyées en Afrique et en Inde, où d’autres fab lab se sont déjà montrés intéressés. Dans le même temps, My Human Kit travaille sur un skateboard à assistance électrique pour une personne souffrant de poliomyélite. Beaucoup reste à faire.