Rennes veut offrir une seconde vie aux vélos électriques

RECYCLAGE Keolis a missionné l’atelier La Petite Rennes pour désélectrifier les vélos à assistance électrique…

Camille Allain

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L'atelier d'autoréparation de vélos La Petite Rennes va se saisir des anciens vélos électriques de Keolis.
L'atelier d'autoréparation de vélos La Petite Rennes va se saisir des anciens vélos électriques de Keolis. — C. Allain / 20 Minutes
  • L’atelier d’autoréparation La Petite Rennes a monté une filière de réemploi des vélos. Keolis vient de lui confier le recyclage de ses anciens vélos électriques.
  • Une centaine de vélos va être livrée à l’atelier dans les jours à venir.
  • L’association est trop à l’étroit dans son atelier et espère obtenir de nouveaux locaux d’ici la fin de l’année.

La filière de réemploi des vélos montée par l’atelier La Petite Rennes va bientôt prendre une nouvelle dimension. D’ici quelques jours, l’association recevra sa première livraison de vélos électriques usagés de la part de Keolis. Une centaine de bicyclettes ancienne génération, jusqu’ici proposées à la location longue durée aux habitants, vont être entièrement démontées pour profiter d’une seconde vie.

« La métropole a eu une politique très ambitieuse sur l’achat de vélos électriques [elle en commande 1.800 par an]. C’est une bonne chose mais qu’il vaut mieux anticiper », estime le président de La Petite Rennes David Piederriere.

« On n’imaginait pas qu’il y aurait un tel gisement »

Dans d’autres villes, les vieux deux-roues à assistance électrique ont terminé à la benne. Inconcevable pour les bénévoles de La Petite Rennes. « Cette filière de réemploi, nous l’avons montée pour éviter que des vélos ne partent à la poubelle mais on ne pensait pas que ça marcherait autant. On n’imaginait pas qu’il y aurait un tel gisement », poursuit le président. Collectés ici et là, les vieux vélos sont triés par les membres de l’association, avant de passer entre les mains de personnes en situation de handicap à l’ESAT de Thorigné-Fouillard.

Dans quelques jours, les vélos à assistance électrique effectueront le même trajet. Une fois désélectrifiées, les bicyclettes devenues sans assistance seront retapées avant d’être vendues à l’atelier de La Petite Rennes. « On aura des vélos plus costauds que ce qu’on fait d’habitude. On monte en gamme », précise David Piederriere. Son association a même trouvé un débouché pour tous les composants électriques comme les batteries au lithium. Elles seront cédées au lab de My Human Kit, qui fabrique des prothèses en do it yourself. Pas de perte.

Près de 1.300 adhérents… pour 30 m²

Accompagnée par Keolis et la SNCF, La Petite Rennes va se charger de « transformer » 300 anciens vélos du réseau Star. Une première en France qui ne doit pas occulter l’éternelle difficulté de l’association. Alors qu’elle compte près de 1.300 adhérents, elle ne dispose que d’un atelier public de 30 m² et d’un espace de stockage de 100 m² où sont empilés des dizaines de vélos. « L’infrastructure commence à craquer », déplore le président.

La ville de Rennes promet qu’elle recherche activement un local plus grand pour cette association qu’elle soutient. Mais depuis quelques années, le dossier n’a pas avancé. « Il est très compliqué de trouver de la surface en centre-ville. Nous cherchons, mais il faut que le local soit adapté. Nous avons des pistes mais rien de concret pour l’instant. Nous aimerions que ça aboutisse avant la fin de l’année », promet Sylviane Rault, adjointe à la mobilité.

Objectif ambitieux

La métropole rennaise s’est fixée comme objectif d’atteindre 20 % de déplacements à vélo d’ici 2020. Un objectif ambitieux qui semble difficilement atteignable, même si tous les comptages montrent une explosion de la pratique dans la capitale bretonne.