Zuckerberg tente d'expliquer pourquoi Facebook ne censure pas le négationnisme

WEB Le patron de Facebook s'est pris les pieds dans le tapis lors d'une interview...

P.B.

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Mark Zuckerberg au salon VivaTech, le 24 mai 2018.
Mark Zuckerberg au salon VivaTech, le 24 mai 2018. — VIVA TECH-JOLY/VIVA TECHNOLOGY/SIPA

Facebook vs les Fake news, épisode 48. Depuis une semaine, le site tente de justifier pourquoi il ne bannit pas certains médias qui propagent des théories du complot, comme InfoWars, de sa plateforme. Interviewé par la journaliste américaine Kara Swisher, mercredi, Mark Zuckerberg a dressé un parallèle avec les propos négationnistes, qui ne sont, en général, pas censurés sur Facebook (ce n’est pas un délit aux Etats-Unis). Et ses explications n’ont pas plu à tout le monde.

« Je suis juif, et il y a de nombreuses personnes qui nient la Shoah. Je trouve cela choquant. Mais au bout du compte, je ne crois pas que ce soit le rôle de notre plateforme de retirer [ces posts]. Car il y a des choses sur lesquelles certaines personnes se trompent. Je ne pense pas que ce soit intentionnel », commence le dirigeant. « Dans le cas du négationnisme, c’est souvent intentionnel », l’interrompt la journaliste. « C’est difficile de faire un procès d’intention ou même de comprendre l’intention » de quelqu’un, rétorque le dirigeant.

Mark Zuckerberg clarifie ses propos

Sur Twitter, AskHistorians résume bien le problème : « Nier l’Holocauste n’est pas une ''erreur'', Mr Zuckerberg. Le but est clair : nier, déformer, minimiser et trivialiser la réalité des génocides des nazis contre les juifs, les Roms et d’autres. Le but est de réhabiliter l’idéologie raciste, antisémite et xénophobe du nazisme »

Attaqué de toute part, Mark Zuckerberg a souhaité clarifier ses propos dans un email envoyé à la journaliste: « Mon intention n’était pas de défendre le négationnisme, que je trouve choquant. Notre objectif avec les Fake News n’est pas d’empêcher quelqu’un de dire quelque chose de faux. C’est d’empêcher que la désinformation se propage ». En clair, selon Mark Zuckerberg, si un internaute dans son coin nie la réalité des chambres à gaz ou affirme que la tuerie de Sandyhook est une mise en scène, c’est son droit au nom de la liberté d’expression. Mais si un post viral est partagé par de nombreuses personnes et qu’il est signalé par des fact-checkers, Facebook limite sa visibilité ou le supprime, souvent en cas d’incitation à la violence. Mais avec plus de deux milliards de membres, le combat est sans fin.