Qu’est ce que la «neutralité du Net», ce principe définitivement abandonné par les Etats-Unis ?

LOI La « neutralité du Net » est un terme qui revient dans l’actualité depuis que les Etats-Unis y ont mis officiellement un terme lundi 11 juin…

M.F.

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Depuis que la neutralité du Net a été remise en cause aux Etats-Unis, la question revient souvent au cœur de l'actualité en Europe.
Depuis que la neutralité du Net a été remise en cause aux Etats-Unis, la question revient souvent au cœur de l'actualité en Europe. — tlsmith1000 / Flickr
  • Actuellement en France et en Europe, un accès égalitaire et sans discrimination est garanti pour tous les contenus diffusés sur le web.
  • Une obligation imposée aux fournisseurs d’accès à Internet.

Ce n’est plus le cas aux Etats-Unis, mais en France et en Europe, Internet est toujours neutre. Que cela soit de chez vous, au travail ou dans les cybercafés, vous naviguez sur une toile où l’égalité règne entre les sites et entre les internautes. En effet, les fournisseurs d’accès ont différentes obligations vis-à-vis des acteurs d’Internet et des abonnés. Orange, SFR, ou encore Bouygue doivent garantir un accès égalitaire et sans discrimination à tout type de contenus diffusés sur le web.

C’est la raison pour laquelle vous accédez aussi rapidement à Facebook qu’au blog de Nathalie. Le premier est pourtant le 3e site Web le plus visité au monde, la seconde, une fan de tricot. Nathalie n’a rien payé à son fournisseur d’accès Internet pour se retrouver sur un même pied d’égalité avec Facebook. De leur côté, les abonnés n’ont pas versé un sou pour avoir le privilège d’accéder aussi rapidement aux deux sites.

Si l’on devait imager la chose, on pourrait dire que les opérateurs installent des « tuyaux » entre leurs abonnés et les contenus sur la toile. Dans ces tuyaux de mêmes qualités, les flux de données circulent tous à la même vitesse, que le tuyau soit beaucoup ou peu emprunté, mène à un contenu de qualité ou non. C’est ça, la neutralité du Net.

Un Internet à deux vitesses

Il s’agit d’« un principe fondateur d’Internet qui garantit que les opérateurs télécoms ne discriminent pas les communications de leurs utilisateurs, mais demeurent de simples transmetteurs d’information », assure la Quadrature du Net sur son site. Problème : les opérateurs assurent que faire passer ses flux de données de façon égalitaire, leur coûte cher. Certains voudraient donc mettre fin à cette neutralité et faire payer les plus riches.

Concrètement, cela signifie que les opérateurs pourraient demander aux sites en ligne de les payer pour maintenir ou accélérer leur débit. Ils pourraient même décider de les ralentir en cas de désaccord par exemple. Naîtrait alors un internet à deux vitesses. D’un côté, les hauts débits : ceux qui auront les moyens et souhaiteront payer et de l’autre : les autres, qui auront par conséquent un débit plus lent.

La liberté d’expression mise à mal ?

Le Web deviendrait alors « une sorte de galerie marchande ou les grandes marques vont payer pour être présente. Puis tous les sites non commerciaux, authentiques, qui ne sont pas bardés de publicité, l’internet citoyen, participatif va disparaître de facto, parce qu’il va être tellement lent que les gens ne vont pas s’en servir », assure Tristan Nitot, fondateur et président de Mozilla Europe, dans une interview accordée à « On n’est plus des pigeons ».

Sans neutralité du Net, les opérateurs internet pourraient également décider que certains sites ne soient tout simplement pas accessibles aux abonnés. Un aspect qui risquerait d’entraver la liberté d’expression sur Internet. Ils auraient également la possibilité de faire payer des forfaits plus ou moins cher en fonction du débit que leurs clients souhaiteraient avoir.

Autant de décisions qui selon les défenseurs de la neutralité du Net, tel que Facebook ou Google, pourraient mettre à mal l’innovation sur Internet.

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