Quand la déclinaison d'un jeu virtuel va plus loin que l'original
INTERNET•La chirurgie esthétique pour les personnages virtuels, mauvaise influence sur les joueuses? La question se pose avec le jeu «Miss Bimbo», version anglaise de Ma-bimbo.com...Alice Antheaume
«Miss Bimbo» n'a pas que des amis. Ce jeu en ligne, variation anglo-saxonne de Ma-bimbo.com, créé par une société française en décembre 2006, est accessible gratuitement sur simple inscription. Il permet aux internautes de faire vivre une femme virtuelle, en la rendant la plus «belle» possible, avec un corps façonné selon les canons en vigueur. Et pour y parvenir, tous les moyens sont bons, du plus simple (séances d’UV, de maquillage ou de coiffure), au plus trash (lifting ou refonte de la poitrine).
L'option retouche au bistouri, même virtuelle, fait bondir des associations de parents en Angleterre, car parmi les adeptes de ce jeu, il y a quelques fillettes (en France, 80% des inscrites ont entre 13 et 20 ans).
«L’innocence des enfants doit être protégée le plus longtemps possible, défend un parent cité par «The Guardian». (…) Le danger? Qu’après avoir joué, certaines filles aient envie de se faire opérer des seins ou prendre des pilules amaigrissantes.»
Second degré ou imitation de la réalité?
Pour Nicolas Jacquart, qui a réalisé la déclinaison anglo-saxonne du jeu, ce n’est que le «reflet de la vie réelle». Or ce graphiste s'est en fait permis quelques libertés pour décliner en anglais l'original. Depuis que l'affaire est sortie dans les médias britanniques, l'équipe française de Ma-bimbo.com désespère. «Nicolas Jacquart ne nous a pas du tout informé de ce qu'il faisait, explique mardi après-midi à 20minutes.fr Jean-Philippe Tessier, qui gère la version française du jeu. Il pousse les filles à prendre une pilule coupe-faim, qui n'existe pas dans la version originelle, et a une formulation qui ne va pas du tout. En gros, il dit aux gamines de se faire faire de gros seins! C'est choquant et n'a aucun rapport avec ce que l'on fait sur le site français où l'on a essayé de conserver une certaine éthique.»
Mercredi, l'équipe française est soulagée, car Nicolas Jacquart a bien voulu remettre d'équerre Miss Bimbo, en concordance avec le modèle frenchy.


















