Enceintes intelligentes: Les 10 questions qu'on se pose forcément

AI Google Assistant est, pour l'instant, seul présent en France, mais le marché ô combien porteur des objets connectés suscite la convoitise...

Christophe Séfrin

— 

Les enceintes dites intelligentes s'invitent dans nos salons.
Les enceintes dites intelligentes s'invitent dans nos salons. — JBL
  • Championnes des ventes durant les fêtes, les enceintes intelligentes intriguent.
  • Pour l’heure, seul Google Assistant est présent en France à travers quatre enceintes de marques et de qualités sonores différentes: deux Google, une Sony et une JBL.
  • Amazon, Apple, mais aussi Orange, Facebook ou Microsoft sont les acteurs attendus dans les prochains mois.

Si aucun chiffre ne circule encore, les premières enceintes intelligentes lancées fin 2017 se seraient vendues comme des petits pains pour les fêtes. A l’échelle planétaire, Google qui en propose deux modèles (Google Home ou Google Mini) affirme en avoir écoulé plus de 10 millions en trois mois, soit une enceinte par seconde ! Que faut-il savoir avant de céder, éventuellement, à la tentation de l’intelligence artificielle à la maison ?

1- Google Assistant, qui équipe les quatre modèles vendus en France, est-il seul dans la place ?

Non, son principal rival est Alexa d’Amazon. L’assistant virtuel du web-marchand n’est pas (encore) disponible en France, mais il est lui aussi décliné sous différentes enceintes ( Amazon Echo, Echo Plus, Echo Show et Echo Dot).

Petite soeur d'Echo, Echo Dot est une console avec laquelle Alexa peut trouver sa place n'importe où dans la maison.
Petite soeur d'Echo, Echo Dot est une console avec laquelle Alexa peut trouver sa place n'importe où dans la maison. - AMAZON

 

Les deux géants se livrent une guerre sans merci sur ce nouveau terrain : depuis septembre 2017, Google empêche même les enceintes Alexa de lancer des vidéos YouTube ! Selon l’étude américaine The Smart Audio Report, 39 millions d’Américains posséderaient une enceinte intelligente, soit 16 % des personnes âgées de plus de 18 ans.

2 - D’autres concurrents vont-ils arriver ?

On attend toujours l’enceinte HomePod d’Apple qui avait été annoncée pour les fêtes. Ainsi que l’enceinte Djingo qu’Orange a dévoilée en avril 2017 et… dont on reste sans nouvelle.

La future enceinte intelligente Djingo d'Orange.
La future enceinte intelligente Djingo d'Orange. - ORANGE

 

Des rumeurs circulant sur le lancement au second semestre d’une enceinte intelligente par Facebook (et nommée « Portal ») semblent se confirmer. Intégrant un écran, elle pourrait être vendue 499 dollars. On devrait aussi voir surgir des enceintes lestées par Cortana, l’assistant vocal de Microsoft.

3- A quoi servent les enceintes ?

D’abord à jouer de la musique. Ensuite, à répondre à des questions qu’on leur adresse vocalement : « Quel temps fera-t-il demain ? », « Quel est mon planning aujourd’hui ? »… On peut aussi demander : « Mets-moi un minuteur sur 20 Minutes », ou « quelle est la recette de la galette des rois ». Certaines requêtes peuvent être associées à une lecture vidéo : « Lance le dernier épisode de Dark sur Netflix ». Les enceintes intelligentes servent aussi à piloter à la voix des objets connectés compatibles : thermostats, ampoules, caméras de surveillance, etc.

>> A lire aussi : Deux mois avec Google Home: «OK Google, peux-tu simplifier ma vie?»

C’est enfin pour passer des commandes de produits à la voix qu’elles veulent s’imposer.

4 - Parmi les enceintes sur le marché, laquelle est la plus intelligente ?

Elles le sont toutes de la même façon. La surcouche logicielle Google Assistant est la même pour toutes les enceintes. Les différences se joueront sur la qualité acoustique du produit et les fonctionnalités embarquées. Reste à voir ce que donnera la compétition entre Google Assistant et Alexa.

5 - La qualité audio de ces enceintes est-elle bonne ?

Oui et non. Les quatre enceintes que nous avons testées (Google Home, Google Home Mini, Sony LF-S50 et JBL Link 20) offrent des qualités acoustiques très différentes. Sur l’audio, le match se joue pour le moment entre les modèles de Sony et JBL qui offrent un son à 360°. Les enceintes Google (respectivement vendues 149 euros et 59 euros) ne sont pas Bluetooth et peu amènes pour offrir une bonne écoute.

L'enceinte intelligente Sony LF-S50 est adaptée à un usage dans une cuisine.
L'enceinte intelligente Sony LF-S50 est adaptée à un usage dans une cuisine. - SONY

 

Vendue 199 euros, l’enceinte Sony est filaire, dispose d’une petite horloge en façade et d’un système de commandes gestuelles (qui fonctionne assez mal).

>> A lire aussi : LF-S50: L’enceinte intelligente de Sony va t-elle détrôner Google Home?

Sa coque est lavable, un bon point si on l’utilise en cuisine. Sa qualité audio est correcte mais se cantonne dans les médiums.

L'enceinte intelligente JBL Link 20 est la seule en France qui soit nomade.
L'enceinte intelligente JBL Link 20 est la seule en France qui soit nomade. - JBL

 

A 199 euros, la JBL Link 20 est nomade (autonomie : 9 heures) et étanche. Ses fonctionnalités « intelligentes » fonctionnent en zone de couverture Wifi. Si la qualité audio est là, celle-ci manque aussi de dynamique et de brillance. Les aigus restent assez discrets. Malgré tout, c’est à ce jour notre préférée, son nomadisme faisant à prix égal avec l’enceinte Sony une sérieuse différence.

6- Est-ce que ça vaut la peine de s’équiper ?

Oui, à 59 euros avec la Google Mini pour découvrir ce qu’est l’intelligence artificielle. L’effet « Waouh » est garanti. Investir un budget supérieur dans une enceinte à intelligence artificielle suppose que vous souhaitiez aller plus loin dans leur usage avec le contrôle vocal d’objets connectés. A défaut, vous risquez de rester un peu sur votre faim…

7 - Le micro présent sur les enceintes est-il désactivable ?

Oui, pour celles que nous avons testées. Une possibilité qui est là pour « rassurer le consommateur », nous expliquait Google lors de la présentation française de Google Home l’été dernier.

Seul bouton sur Google Home: celui pour désactiver le micro.
Seul bouton sur Google Home: celui pour désactiver le micro. - GOOGLE

 

Du coup, avec le micro désactivé, aucun risque que les grandes oreilles de Mountain View (là où est situé le siège de Google en Californie) nous espionnent. Mais avec un micro désactivé, une enceinte intelligente perd aussi une grande partie de son intérêt…

8 - Notre vie privée est-elle menacée ?

Les requêtes effectuées par les utilisateurs d’enceintes intelligentes ne sont pas traitées localement. L’intelligence est déportée sur les serveurs de Google ou Amazon. On peut donc se méfier.

>> A lire aussi : Alexa: Comment le majordome virtuel d'Amazon va se faire une place dans votre vie

Dans un guide consacré à ces fameuses enceintes, la CNIL met ainsi en garde : « les requêtes vocales sont enregistrées dans le cloud, de la même manière qu’elles le seraient si l’utilisateur les tapait au clavier dans certains moteurs de recherche ! ». D’où certaines précautions à adopter, comme de « rester vigilant sur le fait que les propos tenus face à l’appareil peuvent enrichir notre profil publicitaire ». Rassurant…

9 - Peut-on avoir plusieurs enceintes intelligentes à la maison ?

Oui, cela ne pose aucun problème. Nos essais avec les enceintes intégrant Google Assistant montrent qu’il n’y a visiblement pas de limite quantitative. Nous nous sommes même amusés à regarder si certaines étaient plus réactives que d’autres. A un pouillème de seconde près, elles réagissent de la même façon.

10 - Quand vont arriver les enceintes concurrentes de celles avec Google Assistant ?

Bonne question. Les enceintes Amazon Echo sont déjà commercialisées dans 28 pays, mais Amazon ne donne aucune indication sur sa disponibilité dans l’Hexagone. Pas de nouvelle non plus de l’enceinte HomePod d’Apple. Microsoft devrait se prononcer dans les prochains jours. L’année 2018 pourrait être décisive.

* Menée par npr et Edison research.