Une offre de rachat de 130 milliards de dollars pour Qualcomm

TECHNOLOGIE Broadcom est prêt à casser sa tirelire pour s'offrir le fabricant de puces mobiles...

20 Minutes avec AFP

— 

Une puce Snapdragon de Qualcomm pour smartphone (illustration).
Une puce Snapdragon de Qualcomm pour smartphone (illustration). — QUALCOMM

Ils fabriquent le cœur de votre smartphone. Le groupe de semi-conducteurs Broadcom, spécialisé dans les puces wifi et Bluetooth, a annoncé lundi une offre de rachat non sollicitée du fabricant de processeurs mobiles Qualcomm, pour un montant total de 130 milliards, dette comprise. Ce serait l’un des plus grosses transactions de l’histoire des nouvelles technologies.

Broadcom, basé à Singapour mais qui veut revenir aux Etats-Unis, paierait cette somme en partie en numéraire, et en partie avec ses propres actions. « Nous sommes prêts à engager immédiatement des discussions avec Qualcomm pour signer un accord définitif et terminer rapidement cette transaction », a indiqué Thomas Krause, le directeur financier de Broadcom. « Le conseil d’administration de Qualcomm, en consultation avec ses conseillers financiers et juridiques, va examiner la proposition afin de déterminer la décision qui serait dans le meilleur intérêt des actionnaires », a réagi l’entreprise.

Qualcomm est lui-même engagé dans le rachat de son concurrent néerlandais NXP, une transaction valorisant ce dernier à 47 milliards de dollars. Broadcom a précisé que sa proposition de rachat était valable que Qualcomm réussisse ou non à racheter NXP.

Leader des puces de smartphones

Le secteur des semi-conducteurs est en proie à une intense consolidation : les grands acteurs du secteur, désireux de changer d’échelle pour mieux se positionner sur un marché de plus en plus concurrentiel, ont multiplié les acquisitions ces dernières années. Ils anticipent également le passage de la 4G à la 5G avec la co-existence des ordinateurs et les smartphones avec les voitures autonomes et « l’internet des choses » (internet of things).

Le Japonais Softbank a ainsi racheté récemment le britannique Arm Holdings pour 28,5 milliards d’euros, tandis que le géant des puces informatiques Intel a proposé 16,7 milliards de dollars pour le groupe américain Altera.

En 2015, Broadcom était lui-même né du rachat du groupe américain du même nom par le groupe américano-singapourien Avago Technologies pour 37 milliards de dollars. La nouvelle entité avait conservé le nom de Broadcom.

Un possible mariage Broadcom-Qualcomm pourrait se voir opposer le veto des autorités de la concurrence, les deux sociétés étant des acteurs de premier plan dans les technologies wifi et Bluetooth et le second faisant déjà l’objet d’enquêtes pour position dominante dans de nombreux pays dont aux Etats-unis.