Christine Boutin à la retraite: Retour sur ses principales polémiques en ligne

HOMMAGE L’ancienne ministre du Logement Christine Boutin a régulièrement choqué ou fait rire sur Twitter ces dernières années…

O. P.-V.

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Christine Boutin le 17 mai 2014 à Paris.
Christine Boutin le 17 mai 2014 à Paris. — HENRI COLLOT/SIPA
  • Christine Boutin adore utiliser Twitter.
  • Ces dernières années, elle a fait polémique à plusieurs reprises sur le réseau social.
  • Malgré sa retraite politique, elle n’a pas dit vouloir arrêter les prises de position publiques.

Christine Boutin est « une femme comblée ». La présidente d’honneur du parti chrétien-démocrate a démissionné ce samedi de son dernier mandat, celui de conseillère départementale des Yvelines, et a donc mis fin à 40 ans de carrière. Quelques regrets, quand même, a-t-elle avoué lors d’une conférence de presse à Rambouillet pour annoncer la nouvelle, d’avoir « blessé des gens dans le débat sur le mariage homosexuel ».

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Aucune référence à Twitter par contre, le réseau social ayant pourtant servi sa notoriété ces dernières années. 20 Minutes a tenté de joindre, sans succès, l’ancienne ministre du Logement de Nicolas Sarkozy, histoire de faire le point sur sa carrière de twittos. Carrière qui devrait se poursuivre, Christine Boutin assurant ne pas vouloir abandonner son « rôle d’influence », malgré le fait qu’elle ait pu avoir été « ridiculisée, ringardisée ». C’est parti pour une revue des meilleurs moments de l’une des « influenceuses » préférées de Twitter.

2013, la révélation

Bien sûr, Christine Boutin, ministre du Logement pendant deux ans (2007-2009), candidate à l’élection présidentielle 2002 (1,19 % des suffrages recueillis), à la pointe de l’opposition au PACS (1998-1999), ne s’est pas fait connaître grâce à Twitter. Et son compte avait été ouvert dès 2009. Mais 2013, c’est l’année de la loi Taubira, qui permet le mariage et l’adoption aux couples de même sexe. Grande source d’inspiration pour Christine Boutin, catholique qui étudie désormais deux jours par semaine la théologie à Paris.

Le sujet l’avait passionné, et comme au moment des débats autour du PACS, la mentor de Jean-Frédéric Poisson avait été propulsée égérie politique de l’opposition au projet de loi, opposition représentée principalement par La Manif pour tous. Sur Twitter, elle avait fait un festival.

Le 12 avril, Christine Boutin n’est pas contente que le vote sur l’adoption du projet de loi Taubira se soit fait à main levée. « Quelle est la couleur de l’étoile ? », demande-t-elle, en référence à l’étoile jaune imposée aux juifs durant la seconde guerre mondiale.

Le même jour, elle semble pronostiquer une « guerre civile » à venir en France.

Le lendemain, 13 avril 2013, elle confirme que la « guerre civile [qu’elle] craignait est en marche ».

Le 10 mai, jour de la commémoration de l’abolition de l’esclavage, elle relaye le tweet de l’abbé Gaëtan de Bodard, avant qu’il ne soit supprimé par son auteur. Le contenu du tweet : « Ils sont pathétiques ces politiques qui commémorent l’abolition de l’esclavage mais qui sont pour la traite des enfants. Non à la #GPA ! »

Le 14 mai, un tweet sur l’ablation des seins de l’actrice Angelina Jolie : « Pour ressembler aux hommes ? Rire ! Si ce n’était triste à pleurer ! », commente-t-elle avant de retirer le message.

Notons que les manifestations contre le mariage pour tous auront été l’occasion de voir naître un mème particulièrement populaire, créé à partir d’une photo de l’ancienne ministre mal en point. Ça avait donné le hashtag #JoueLaCommeBoutin, charriant son lot de détournements.

Christine Boutin, présidente du Parti Chrétien-Démocrate (PCD), attend du président François Hollande qu'il annonce jeudi le retrait du texte sur le mariage et l'adoption par les couples homosexuels, une réforme qu'elle combat.
Christine Boutin, présidente du Parti Chrétien-Démocrate (PCD), attend du président François Hollande qu'il annonce jeudi le retrait du texte sur le mariage et l'adoption par les couples homosexuels, une réforme qu'elle combat. - Eric Feferberg AFP

Il y avait aussi eu ce tweet, pour demander un résumé du discours de François Hollande sur le mariage pour tous, car l’ancienne ministre avait manqué une partie du passage télé. Les réponses ne l’avaient pas beaucoup aidé, la plupart des internautes y voyant l’occasion de rigoler des tropismes de Christine Boutin.

Ces deux tweets, en septembre 2013, alors que Christine Boutin se trouvait devant le ministère de la Justice pour protester avec les Veilleurs (mouvement anti-mariage pour tous). « Nous sommes deux », postait-elle, derrière son « compère ». Déchirant.

Et cet échange impromptu avec la ministre du Logement Cécile Duflot. Elles ne partiront pas en vacances ensemble, alors que Christine Boutin venait avec les meilleures intentions.

2014, la confirmation

Difficile de se maintenir au sommet après une telle percée sur Twitter. Pourtant, Christine Boutin y parvient en 2014. Sa méthode : moins de commentaires, plus d’impact. La présidente du Parti chrétien-démocrate montre qu’elle maîtrise les codes pour casser l’internet.

En février, petit pas de côté, l’ancienne ministre fait une nouvelle fois rire les réseaux sociaux, mais pour une phrase prononcée sur BFM… en réaction à un tweet. Christine Boutin avait vu passer une blague du Gorafi sur l’indécision du gouvernement.

Et à 45 secondes, dans cette vidéo, elle reprend les termes exacts, au premier degré.

En mai, en pleine campagne pour les élections européennes, elle s’empare de la victoire à l’Eurovision de Conchita Wurst, qu’elle n’estime pas conforme à sa vision de l’Europe, la drag-queen barbue étant selon Christine Boutin à « l’image d’une société en perte de repère niant la réalité de la nature humaine ».

2015, le coup de mou

2015 est plus faiblard. Tout juste trouve-t-on ce tweet alambiqué sur la reconnaissance juridique du mariage homosexuel dans tous les Etats aux USA, deux ans après la France (que Christine Boutin accuse d’être « suiviste »).

2016, le retour au sommet

Cette année-là, marquée par la campagne de Donald Trump aux Etats-Unis, Christine Boutin choisit de se concentrer sur les fake news histoire de rester dans le thème. Elle a noué une relation avec le site d’infos parodiques Nord Presse. En mai, un article bidon assure qu’elle s’est convertie à l’Islam, sauf que Christine Boutin n’a pas envie de plaisanter et menace de porter plainte.

Réaction de Nord Presse, sur Twitter bien sûr.

En juillet, rebelote, elle se fait avoir par un article du site belge qui raconte que François Hollande voudrait jouer de l’état d’urgence pour annuler la présidentielle 2017 et rester « en place au minimum jusqu’à 2022 ».

Puis elle dément, Christine ne se ferait pas avoir comme ça, quoique « tout est possible ».

Puis vient fin septembre 2016. Les nouvelles sur la santé de Jacques Chirac ne sont pas très bonnes, et voilà Christine Boutin qui dégaine un tweet annonçant la mort de l’ancien président de la République. Comment le sait-elle ? « Par une source que j’estime sûre », explique-t-elle alors au Monde. « Je l’ai donnée car je pense que les Français l’attendent, preuve en est du buzz qu’il a suscité ». Un bad buzz même, qui l’a forcé à retirer son tweet. Et, spoiler, Jacques Chirac n’est pas mort.

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2017, le baroud d’honneur

Pour sa dernière année de carrière politique (mais probablement pas de twittos), Christine Boutin s’est offert une jolie sortie en matière de polémiques plus ou moins sérieuses.

L’Histoire retiendra que le 8 mars 2017, pour la journée des droits des femmes, Christine Boutin indiquait vouloir « des hommes, des vrais ».

Trois mois après, Emmanuel Macron célèbre sa victoire à l’élection présidentielle. Christine Boutin n’est toujours pas contente, elle avait appelé à voter pour Marine Le Pen au second tour. Le discours victorieux du nouveau chef de l’Etat devant la pyramide du Louvre avait inspiré les partisans du complot illuminatico-maçonnique ; le lendemain matin, l’ancienne ministre préfère regarder le score encore provisoire du vainqueur, 66,06 %. « Sans commentaire », ajoute-t-elle.

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Comme il n’y a pas trente-six interprétations possibles de ce tweet, l’internet avait conclu au fait que Christine Boutin voyait dans la victoire d’Emmanuel Macron l’œuvre du Diable. Sauf que « c’est à se demander ce que certains ont dans le crâne pour aller chercher des significations aussi foireuses ! », précise-t-elle. Mais on ne sait toujours pas ce qu’elle voulait dire dans ce cas.

Quatre jours plus tard, la diffusion de la messe le dimanche matin sur France Télévisions est exceptionnellement avancée afin de retransmettre la passation de pouvoir entre François Hollande et Emmanuel Macron. Christine Boutin y voit un choix « très clair » du nouveau président dirigé contre la religion catholique, ou peut-être contre toutes les religions, ou… enfin ça n’était pas très clair, et de toute manière, la messe n’était absolument pas annulée.

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Enfin, dernier tweet étonnant en date, fin août. En réponse à un journaliste du Figaro, Christine Boutin rappelle qu’elle compte toujours voir la loi Taubira « abolie ». Comme souvent, un internaute l’alpague sur le fait qu’elle est mariée avec son cousin germain, Louis Boutin. Réponse de Christine Boutin, à qui on ne l’a fait pas :