Front National: Jean Messiha certain d’être censuré par Twitter
COMPLOT•L’énarque Jean Messiha estime que « tous les patriotes subissent une censure » de la part du réseau social…Olivier Philippe-Viela
L'essentiel
- Jean Messiha interpelle depuis plusieurs mois Twitter sur les fluctuations d'abonnés à son compte.
- Le réseau social ne commente pas les cas individuels mais procède régulièrement à la suppression de faux comptes.
- Le frontiste réfléchit à une action en justice.
Au Front national, on en est convaincu depuis la campagne présidentielle 2017 : Twitter essayerait d’étouffer la parole des soutiens de Marine Le Pen. S’estimant déjà victime de censure de la part d’Europe 1, Jean Messiha est le plus remonté des cadres frontistes contre le réseau social.
« Si je publie un tweet qui va à l’encontre de la pensée unique, des retweets sont annulés »
Dans la nuit de vendredi à samedi, il a de nouveau publié un tweet interpellant Twitter, pour demander de « déplafonner » son compte, qu’il juge bridé en nombre d’abonnés.
a« Tous les patriotes subissent une censure protéiforme, explique-t-il à 20 Minutes. J’ai découvert que j’étais victime de signalements abusifs pour contenu offensant, contre lesquels Twitter ne fait rien. D’autre part, si je publie un tweet qui marche bien et va à l’encontre de la pensée unique, alors des retweets sont annulés de manière intempestive. »
Enfin, la principale plainte de l’énarque FN depuis plusieurs mois (« décembre 2016, quand j’ai rejoint l’équipe de Marine Le Pen », précise-t-il) porte sur les fluctuations de son nombre d’abonnés. « Je sais que ça paraît complotiste, mais quand des dizaines d’abonnés disparaissent subitement sur une courte période, c’est qu’il y a anguille sous roche », illustre Jean Messiha.
aaContactée par 20 Minutes, la communication de Twitter France n’a pas donné d’explication, la politique maison consistant à ne pas s’exprimer sur les cas individuels. Auprès de Libération, l’entreprise se contentait d’expliquer début mai, pendant l’entre-deux-tours électoral, en pleine vague de suspensions de comptes influents au sein de l’extrême-droite, que « si nous recevons une demande valide et proportionnée d’une autorité, il peut être nécessaire d’activement restreindre l’accès à certains contenus dans un pays en particulier. »
Des vagues de suppressions de faux comptes ?
Autre possibilité : Twitter supprime régulièrement par dizaines des faux profils, gérés par des robots, repérés par le fait qu’ils publient automatiquement leurs tweets. Les comptes importants (celui de Jean Messiha a 11.000 « followers ») ont logiquement beaucoup de faux profils parmi leurs abonnés, des « bots » attirés par algorithme vers les twittos les plus influents.
Le cadre du FN indique ne pas avoir eu d’explication de la part de Twitter. Depuis plusieurs semaines, il menace d’une action en justice : « Il y aura au moins un courrier officiel par avocat interposé, pour dire que maintenant ça suffit ».


















