VIDEO. «Vive la France»: La députée Danièle Obono dans le viseur des fachos de la Toile

RÉACTIONS Les chroniqueurs des « Grandes Gueules » sur RMC lui ont demandé de justifier la signature d’une pétition pour un groupe de rap en 2012. Une séquence très commentée sur Twitter…

Lucie Bras

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Danièle Obono avec Alexis Corbière lors d'un meeting de Jean-Luc Mélenchon à Dijon, le 18 avril 2017.
Danièle Obono avec Alexis Corbière lors d'un meeting de Jean-Luc Mélenchon à Dijon, le 18 avril 2017. — F. LODI/SIPA

Gros moment de malaise sur le plateau des Grandes Gueules sur RMC. Les chroniqueurs ont essayé par tous les moyens de faire dire « Vive la France » à la députée Insoumise Danièle Obono.

Elue députée dans la 17e circonscription de Paris, Danièle Obono était ce jeudi l’invitée de l’émission phare de RMC : les Grandes Gueules. Si le ton du programme invite souvent à bousculer un peu la personnalité présente sur le plateau, cette fois-ci, les chroniqueurs avaient bien préparé leur angle d’attaque.

Voilà l’histoire : il y a cinq ans, Danièle Obono avait signé une pétition de soutien au rappeur Saïdou, du groupe ZEP (Zone d’Expression Populaire) et au sociologue militant Saïd Bouamama. Les deux hommes sont à l’époque mis en examen (puis relaxés) pour « injure publique » et « incitation à la haine raciale » après la diffusion du clip Nique la France : « Nique la France et son passé colonialiste, ses odeurs, ses relents et ses réflexes paternalistes/Nique la France et son histoire impérialiste, ses murs, ses remparts et ses délires capitalistes. » Une pétition signée par de nombreuses personnalités comme Eva Joly, Olivier Besancenot, Clémentine Autain ou Noël Mamère.

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Tradition française

Interrogée sur le sujet par les chroniqueurs de RMC, Danièle Obono a simplement déclaré qu’elle tenait à « défendre la liberté d’expression de ces artistes, parce que ça fait partie des libertés fondamentales ». Haussements de sourcils et yeux levés au ciel : face à elle à ce moment-là, les chroniqueurs réagissent : « "Nique la France" quand même… Je vois pas comment on peut défendre la liberté d’expression. » La députée insiste : pour elle, c’est le titre d’une chanson et non une insulte au pays.

A ce moment-là, le présentateur Alain Marschall lui demande si, en tant que députée nouvellement élue, elle peut dire « Vive la France ». Réponse de la députée un peu déstabilisée par la question : « Je peux dire " vive la France ", mais pourquoi, en soi ? Vous voulez que je me mette au garde-à-vous et que je chante la Marseillaise ? » Réaction immédiate des chroniqueurs : « Vous signez plus facilement "nique la France" que vous ne dites " vive la France ". »

La suite est banale : la vidéo a été relayée par la fachosphère. Sur Twitter, de nombreuses réactions indignées ont suivi la diffusion de cet extrait. Nous avons choisi de ne pas les diffuser ici car beaucoup ont une connotation raciste, en raison de la couleur de peau de la députée.

Dans une tribune, Libération rappelle que le titre de ZEP s’inscrivait avant tout dans la tradition de la chanson pamphlétaire française. Et conclut : « Si Ferré pouvait "baiser la Marseillaise" et Renaud "tringler la République", le chanteur de ZEP (même arabe) peut bien "niquer la France". Si Coquerel, Besancenot ou Eva Joly peuvent (doivent ?) rappeler cette saine évidence, Danièle Obono (même noire) le peut aussi. »