#MuslimBan: Plus d'un million de signatures pour la pétition qui veut empêcher la visite de Trump au Royaume-Uni

DIPLOMATIE Lancée en décembre dernier, la pétition visant à annuler la visite officielle de Donald Trump au Royaume-Uni a été relancée par le leader du parti travailliste, Jérémy Corbyn…

H.S. avec AFP
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Theresa May à la Maison-Blanche avec Donald Trump, le 27 janvier 2017.
Theresa May à la Maison-Blanche avec Donald Trump, le 27 janvier 2017. — MANDEL NGAN / AFP

« Ce matin quand je me suis levé, il n’y avait que 300 signatures. Je suis content qu’autant de gens aient décidé de la signer, mais j’avoue que je ne réalise pas tout à fait ». Lancée initialement en décembre 2016 par Graham Guest, un habitant de Leeds âgé de 42 ans, une pétition exige l’annulation de la venue officielle de Trump au Royaume-Uni. En quelques heures, le texte a pris une tout autre dimension.

Contacté par 20 Minutes, l’auteur de la pétition a justifié sa démarche : « Je l’ai créée en décembre parce que, déjà à l’époque, je ne voulais pas que Trump se serve des apparats et du cérémonial inhérents à toute rencontre officielle avec la reine pour légitimer sa politique ». Moins de vingt-quatre heure après son texte a recueilli plus d’un million de signatures et le compteur ne cesse d’augmenter.

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Deux jours après son offensive de charme à Washington, la Première ministre britannique Theresa May s’est résolue dimanche à dénoncer les restrictions à l’immigration imposées par le président américain Donald Trump, après avoir été vivement critiquée pour avoir d’abord refusé de le faire. Mais ce revirement n’a pas convaincu les internautes Britanniques ni l’opposition travailliste.

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Cible de ces critiques persistantes : la visite officielle de Donald Trump au Royaume-Uni et la rencontre prévue avec la reine Elizabeth II, confirmée par Theresa May lors de son passage à Washington.

Le chef de l’opposition travailliste, Jérémy Corbyn, a dénoncé sur son compte Twitter la venue du Président américain après la signature du décret portant sur la « protection de la nation contre l’entrée de terroristes étrangers », interdisant pour 90 jours l’entrée aux Etats-Unis aux ressortissants de sept pays musulmans jugés dangereux (Irak, Iran, Yémen, Libye, Syrie, Soudan, Somalie).

« Theresa May décevra les Britanniques si elle ne reporte pas la visite de Trump (au Royaume-Uni) et ne condamne pas ses actions dans les termes les plus clairs », a-t-il écrit avant de partager un lien vers le texte appelant à l’annulation de la venue de Trump. D’autres élus et personnalités ont fait de même.

Ce n’est pas la première pétition initiée au Royaume-Uni visant le milliardaire. Lancée en décembre 2015 par une écossaise, une précédente initiative appelait à « interdire l’entrée de Trump sur le territoire » et avait recueilli 586 930 signatures. Contrairement à la France, le recours aux pétitions est particulièrement populaire outre-Manche. Le comité des pétitions de la Chambre des communes considère en effet que toutes celles ayant rassemblé plus de 100 000 signatures doivent donner lieu à un débat parlementaire.

Celle de Graham Guest ayant largement dépassé ce chiffre, les élus britanniques devront donc statuer, dans les prochains mois, sur le maintien ou l’annulation de la rencontre entre Trump et leur souveraine.