Smartphone: On a tenté de projeter un film grand format avec le Moto Z de Lenovo
HIGH TECH•Smartphone haut de gamme, le Moto Z de Lenovo a la particularité d'être modulaire, c'est à dire personnalisable avec des accessoires comme un projecteur vidéo. Trop tentant…Christophe Séfrin
Moteur, Moto ! Le nouveau smartphone de Lenovo, le Moto Z (649 euros), reprend à son compte l’idée de téléphone modulaire. Ce concept avait été timidement approché par LG et son G5 sorti en avril 2016 (une initiative qui risque d’être classée sans suite, selon nos informations).
On peut donc greffer au Moto Z des accessoires -les Moto Mods, vendus séparément — pour en doper certaines fonctionnalités : une enceinte JBL, une section photo avec zoom optique 10x estampillée Hasselblad, une batterie d’appoint, mais aussi… un pico-projecteur. Nous nous sommes intéressés de plus près à ce dernier.
Nommé Moto Insta-Share Projector et vendu 349 euros, il se greffe comme les autres modules au dos du Moto Z à l’aide d’un système d’aimants qui l’associe à des petits contacteurs. Ainsi équipé, le smartphone ultra-fin et léger (5,19 mm pour 136 g) sera plus épais de 11mm et alourdi de 104 g seulement.
Jusqu’à 1,77 mètre de diagonale
L’idée de se faire une toile avec notre casting de choc était assez enthousiasmante. D’autant que Lenovo prétend pouvoir projeter avec son Moto Z une image jusqu’à 70 pouces, soit 1,77 de diagonale. Le mur blanc du salon est donc appelé en renfort. Pas de branchement, juste du Wifi pour ouvrir le robinet vidéo du net, plus le smartphone et son appendice aux batteries chargées à bloc : clap départ pour une soirée pleine de promesses !
Du point de vue de l’ergonomie, le Moto Insta-Share Projector est bien pensé. L’appareil intègre une petite béquille pliable qui sert de support au mobile et à orienter l’image projetée plus ou moins haut. La lentille du pico-projecteur est située sur le côté, entre un bouton marche/arrêt et une petite molette de mise au point. Bref, exit le mode d’emploi. Premier constat : le système de fixation entre le smartphone et son projecteur est impressionnant par sa simplicité et son efficacité.
Alors, la netteté et la luminosité ?
Direction l’application Netflix pour dénicher le générique du soir. Un épisode de House of Cards jouera les cobayes. Une fois le bouton « Play » à l’écran du Moto Z enclenché, l’image de très belle taille s’affiche instantanément et le projecteur corrige automatiquement son « trapèze » si on ne le positionne pas exactement face au support de projection. L’image est ainsi parfaitement rectangulaire.
Une petite mise au point et… un « Waouh » se fait entendre dans l’assistance. Mais bientôt les premiers « Arf » surgissent… Avec sa luminosité de seulement 50 lumens, le Moto Insta-Share Projector peine à afficher une image suffisamment lumineuse. Les scènes sombres sont les premières à en pâtir, même en ayant fait la pénombre dans la pièce. Dommage, car malgré une définition de 480p (854 x 480), la netteté générale et notamment celle des sous-titres est finalement acceptable. On est évidemment loin de la classique luminosité de 1500 lumens environ d’un bon petit projo Full HD.
Coté son, le petit haut-parleur du Moto Z ne joue pas les gros bras. On connecte en Bluetooth une enceinte UE Boom et le tour est joué. Pour avoir une meilleure idée de la luminosité du pico-projecteur, nous lançons Manhattan de Woody Allen. Hélas, la belle image noir et blanc du long-métrage affiche au mur des dominantes très grises. On est loin de la qualité affichée à l’écran (5,5’’, 2560 x 1440) du smartphone. Incontestablement, le film mérite d’être visionné dans de meilleures conditions. Il faut peut-être s’en remettre à des vidéos plus adaptées.
Tintin s’en sort mieux
Après avoir rechargé le projecteur dont la batterie a jeté l’éponge après 60 (petites) minutes de service, nous lançons le dessin animé Tintin, L’île Noire. Une envie, comme ça… Bim ! L’impression dégagée est bien meilleure. L’image, à base de larges aplats de couleurs et nativement lumineuse et contrastée réussit à s’imposer sur le mur du salon. Et l’on se fait piéger durant deux épisodes, jusqu’à ce que le sort des faux monnayeurs d’Hergé soit réglé.
Verdict ? Avec son Moto Z et son projecteur dédié, Lenovo a conçu un tandem bien huilé. Le manque de luminosité du pico-projecteur et son autonomie trop légère le cantonnent cependant à un usage d’appoint. Mais sa compacité et sa simplicité de mise en oeuvre permettent d’en envisager une utilisation parcimonieuse en voyage, dans une chambre d’hôtel, ou par des enfants. Néanmoins, à budget égal (350 euros), on trouve auprès de certains fabricants des pico-projecteurs mieux calibrés, comme avec les 140 lumens du PPX3414 de Philips. Une question de choix.



















