Réseaux sociaux: Gare à vos empreintes digitales!

HIGH TECH Un chercheur japonais met en garde contre le risque d'usurpation d'identité...

M.C.

— 

Le réalisateur Takeshi Kitano fait le «V» de la victoire à la Mostra de Venise, le 2 septembre 2003.
Le réalisateur Takeshi Kitano fait le «V» de la victoire à la Mostra de Venise, le 2 septembre 2003. — LUCA BRUNO/AP/SIPA

Ne montrez plus vos doigts sur les photos !, avertit un chercheur japonais. Interdit religieux ? Nouvelle censure de Facebook et Instagram ? Non, c’est plutôt pour ne pas se les faire « voler », prévient Isao Echizen.

Pour ce professeur à l’Institut national de l’informatique (NII), à Tokyo, la popularisation des lecteurs d’empreintes digitales sur les téléphones, tablettes et ordinateurs portables, combinée à la résolution toujours plus haute des photos postées sur les réseaux sociaux, pose un vrai problème de sécurité.

On ne change pas ses empreintes comme un mot de passe

Dans la ligne de mire du chercheur, le « V » de la victoire ou « signe de la paix » formé en levant l’index et le majeur, omniprésent sur les photos des jeunes (ou moins jeunes) Nippons. Un « tic » qui peut valoir à son auteur de se faire usurper son identité, insiste Isao Echizen.

Posture à risque :

Posture sans danger :

Lors de leurs tests, les chercheurs du NII ont en effet réussi à récupérer des empreintes sur une photographie prise à 3m du sujet. « Ces données peuvent être obtenues si les empreintes digitales sont bien nettes et la photo bien exposée », précise le scientifique sur la chaîne japonaise Yomiuri TV. Selon lui, l’opération ne nécessite pas de technique avancée et n’importe qui peut donc facilement copier des empreintes digitales.

Les personnalités, prises en photo sous tous les angles, sont plus exposées que la moyenne, mais n’importe qui peut être une cible potentielle, avertit Isao Echizen, qui rappelle que si un mot de passe peut être changé facilement, on est condamné à traîner nos empreintes jusqu’à la fin de nos jours.