Quand Bernard-Henri Lévy «emprunte» des photos de presse pour alimenter son compte Instagram
MEDIAS•Le philosophe a été épinglé, ce mercredi, pour avoir utilisé le travail d’un photographe de l’Agence France Presse sur son compte Instagram sans le créditer…Vincent Vanthighem
Parfois, . Parfois, oublie aussi de créditer le travail des photographes dont il se sert pour alimenter son compte le montrant en train de couvrir les conflits aux quatre coins de la planète.
Ce mercredi, le réalisateur de Peshmerga a été contraint d’ajouter, en légende, le nom d’un photographe de après avoir publié une de ses photos montrant une petite fille « aux abords de » dont il n’avait, dans un premier temps, pas précisé le crédit.
« C’est , qui l’a remarquée, explique à 20 Minutes, Stéphane Arnaud, rédacteur en chef au service Photo de l’AFP. Il a donc signalé, mardi soir, l’affaire sur Twitter. Et ce matin, le crédit avait été ajouté. »
Un compte à 381 clichés et 39.100 followers
La pratique est connue dans le monde de la presse. Quand on se sert du travail d’un confrère pour illustrer une réalité, on cite son nom. Sous la photo illustrant cet article, vous pouvez par exemple lire la mention DUCLOS (le nom du photographe) et SIPA (son agence). comme dans celui de Sipa, ce service est même payant. Globe-trotter controversé et homme de médias par-dessus tout, Bernard-Henri Lévy le sait très bien.
« Sauf que ce n’est pas lui, qui gère son compte Instagram mais plutôt ses équipes, poursuit Stéphane Arnaud. Tout le monde ne connaît pas les règles. Et ce genre d’oubli arrive de temps en temps. Le problème, c’est que BHL est une personnalité publique… » .
La majorité des 386 clichés publiés montrent le philosophe sur le terrain. . En train de « commémorer la révolution du Maidan » à Kiev. . De quoi entretenir l’image d’un BHL parcourant le globe pour promouvoir la paix et dénoncer les injustices.
« 20 Minutes » remonte le fil
A ceci près, donc, que certains clichés n’ont pas été pris par lui ou ses équipes mais bien par des professionnels. Alerté sur le cas de la photo prise « aux abords de Mossoul », 20 Minutes a décidé de remonter une partie de son fil Instagram pour vérifier les clichés. Il en résulte qu’au moins trois photos ont été « empruntées » à des agences de presse sans leur consentement. La preuve en images…
- Le 16 juin, BHL publie une photo du chanteur Bob Gueldof interpellant le leader Pro-Brexit Nigel Farage.
La photo provient en réalité de l’agence Getty comme le montre cet . « C'est même une photo de l'AFP (du photographe Ben Stansall exactement), précise Grégoire Lemarchand. Getty est l'agence qui distribue nos clichés aux USA et en Grande Bretagne... »
- Le 9 juin, le philosophe condamne, avec ses mots, un attentat commis à Tel Aviv (Israël).
Le cliché a été pris par Baz Retner de l’agence Reuters comme
- En mars 2016, que BHL dénonce avec un cliché.
Elle est, en fait, extraite d’une série de photos prises le 18 avril 2015, par Sia Kambou, un photographe travaillant pour l’Agence France Presse sur le classement à l’Unesco de cette ville ivoirienne.
Contactée par 20 Minutes, Liliane Lazar, l’éditrice qui se présente comme la personne chargée de gérer les réseaux sociaux de Bernard-Henri Lévy n’a pas répondu à nos sollicitations.


















