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On a trouvé le gène de la main gauche

On a trouvé le gène de la main gauche

SCIENCE – Une séquence d’ADN qui augmente les risques de maladies psychiques...
M.N

M.N

On sait que le cerveau du gaucher se développe différemment. On sait que la zone de contact entre les deux hémisphère du cerveau est plus importante chez le gaucher. Restait une zone d’ombre: pourquoi? Avec le gène LRRTM1, une équipe de biologistes de l’Université d’Oxford vient apporter un peu plus de lumière pour comprendre la genèse de la matière grise chez le gaucher. Selon la revue «Molecular Psychiatry», ce gène augmente les chances de devenir gaucher. Et, c’est la première fois que des scientifiques mettent en évidence une séquence d’ADN jouant un rôle dans la structuration du cerveau.


Il construit le cerveau


Un être humain chez qui le gène LRRTM1 est dominant, c’est-à-dire qui va s’exprimer aux dépens de son alter égo «récessif» qui lui reste silencieux, va développer un cerveau asymétrique, un cerveau de gaucher. Asymétrique par rapport au cerveau de droitier qui est majoritaire dans l’espèce humaine, 90% de la population mondiale. Chez le droitier, l’hémisphère gauche contrôle la parole et la langue, l’autre hémisphère s’occupant des émotions. Pour le cerveau du gaucher, il suffit d’inverser, une inversion expliquée par l’action de LRRTM1. Il détermine quelle zone du cerveau fait quoi.


Le gaucher schizophrène


Mais LRRTM1 ne s’arrête pas là. Si l’année dernière, des chercheurs australiens ont démontré que le gaucher réfléchit plus vite, les scientifiques d’Oxford pensent, eux, que le gène du gaucher a un rôle important dans le développement de maladie psychiques comme la schizophrénie. Explication: un cerveau asymétrique, parole gérée côté gauche et émotion coté droit, présente de plus grands risques de dysfonctionnements. Mais Clyde Francks, chef du laboratoire responsable de l’étude, se veut rassurant: «les gauchers ne doivent pas être inquiets. Il y a d’autres paramètres qui font que des individus sont susceptibles de développer une schizophrénie. Et l’immense majorité des gauchers ne développeront jamais cette maladie».