Ces échecs technologiques: Le flop du Bi-Bop

SÉRIE D’ÉTÉ (1/5) Echecs commerciaux ou échecs d'estime, « 20 Minutes » retrace l'histoire de ces objets présentés comme révolutionnaires mais tombés dans l'oubli...

Hélène Sergent

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Deux jeunes femmes passent des communications à l'aide du nouveau téléphone
Deux jeunes femmes passent des communications à l'aide du nouveau téléphone — JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP

La scène semble aujourd’hui si familière… Pourtant lorsqu’en 1991 des passants discutent en déambulant dans les rues de Strasbourg à l’aide de leur Bi-Bop, premier téléphone portable grand public commercialisé en France, l’invention paraît propulser ses utilisateurs dans le futur. Six ans après son lancement, France Télécom annonce finalement la fermeture du réseau, faute d’abonnés suffisants.

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Comment ça marchait ?

En octobre 1991, une poignée de Strasbourgeois se porte volontaire pour essayer ce tout nouvel objet aux allures de cabine téléphonique portative. Le principe est simple : plusieurs bornes relais installées dans la ville permettent aux utilisateurs qui se trouvent à proximité de passer un appel.

En 1993, après un investissement de près de 250 millions de francs pour le déploiement de ses antennes (soit plus de 45 millions d’euros), l’opération pilote est généralisée dans plusieurs grandes villes de France, dont Paris. L’entreprise utilise un réseau CT-2 lancé d’abord en Grande-Bretagne, aussi appelé « Telepoint ». Si la qualité des appels est particulièrement bonne, l’utilisation du Bi Bop comporte de nombreuses contraintes qui l’entraîneront, peu à peu, vers sa chute.

Pourquoi c’est un échec ?

Si les bornes mises à disposition permettent d’appeler n’importe quel interlocuteur, pour que l’inverse soit possible, autrement dit si l’on souhaitait être joint sur son Bi-Bop, il fallait souscrire à une option payante, s’ajoutant au coût d’achat déjà relativement important pour l’époque (1.890 francs au moment du lancement, soit plus de 350 euros).

En parallèle, les communications sont fréquemment coupées dès lors que l’utilisateur s’éloigne un peu trop de la borne. Mais ce n’est pas ce qui a définitivement tué le Bi-Bop selon Catherine Lejealle, sociologue des nouvelles technologies : « L’arrivée du réseau GSM au milieu des années 90, qui permettait de téléphoner partout, a fait beaucoup de mal au Bi-Bop ». France Telecom s’était fixé l’objectif de 500.000 abonnés en 1995. On est alors loin du compte puisque l’entreprise recense en 1996 moins de 100.000 abonnés. L’année suivante, le réseau est définitivement fermé.