Espionnage : Quand la NSA retranscrit en texte des millions de conversations par jour

SOCIETE L'outil VoiceRT peut aussi classer, indexer ces conversations par mots-clés et, surtout, juger de leur intérêt...

20 Minutes avec agence

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Le siège de la NSA, en 2013, à  Fort Meade.
Le siège de la NSA, en 2013, à Fort Meade. — Patrick Semansky/AP/SIPA

Alors que l'agence pour la sécurité américaine (NSA) est déjà soupçonnée d'enregistrer 80% des appels audio passés dans le monde, et que les médias américains, se basant sur les informations du lanceur d'alertes en exil Edward Snowden, avaient déjà évoqué le fait qu'elle enregistrait l'intégralité des conversations téléphoniques d'un pays au centre des attentions américaines (pays toutefois non communiqué), c'est aujourd'hui au tour de The Intercept de jeter un autre pavé dans la marre.

Toujours à partir des documents de Snowden, le célèbre site apporte des révélations sur l'impressionnante, et quelque peu effrayante, efficacité du système de surveillance américain. Et assure que l'outil VoiceRT de la NSA, créé en 2006, dispose aujourd'hui d'une palette de solutions hors du commun pour analyser les conversations audio du globe.

Permettre à «un seul analyste de trier des millions de conversations»

En premier lieu, la finesse de son outil de reconnaissance vocale s'avère nettement plus pertinente que ceux développé par les géants du high-tech que sont Apple (et son logiciel de reconnaissance vocale Siri), Google (avec Google Now), ou encore Microsoft (qui a créé Cortana). Le programme de la NSA est cependant également capable de retranscrire sous forme de texte n'importe quelle conversation téléphonique. Il peut, en outre, classer et indexer ces conversations par mots-clés, mais aussi, voire surtout, juger de leur intérêt (et de leur dangerosité, notamment), à raison d'un million de conversations traitées par jour.

L'objectif de la NSA, affiché dans Le Figaro : permettre à «un seul analyste de trier des millions de conversations par jour pour se concentrer sur le peu d'entre elles qui comptent». Une automatisation de l'espionnage qui n'est évidemment pas sans relancer le débat sur la protection de la vie privée.