L'Apple Watch, un joli gadget loin d'être indispensable

REVUE DE PRESSE Les critiques de la smartwatch d'Apple sont mesurées...

Philippe Berry

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Plusieurs modèles d'Apple Watch, qui seront disponibles le 24 avril 2015.
Plusieurs modèles d'Apple Watch, qui seront disponibles le 24 avril 2015. — PHOTOMONTAGE 20 MINUTES

L'heure de la smartwatch a-t-elle sonné? Après le pionnier Pebble et une douzaine de modèles Android Wear de Motorola, LG ou Samsung, Apple dégaine son challenger le 24 avril. En attendant le test complet de 20 Minutes, les critiques américaines donnent le ton: pour The Verge, il s'agit «de la smartwatch la plus réussie jusqu'à présent»; mais selon Bloomberg, «vous n'en avez pas besoin pour l'instant».

Une montre limitée

Jonathan Ives a soigné le design. Avec ses deux tailles différentes, la montre semble s'adapter à tous les poignets, même les plus fins. Lauren Gode, de Re/Code, la trouve notamment «confortable à porter». Le problème, souligne le blogueur John Gruber, c'est que l'écran est éteint par défaut, pour préserver la batterie. Il faut le tapoter ou tourner le poignet d'un coup sec pour le réveiller et regarder l'heure, et cela «ne fonctionne pas à tous les coups», selon The Verge.

Un compagnon pour smartphone qui fait souvent doublon

Les développeurs ne peuvent pas, pour l'instant, installer d'apps natives. La montre relaie donc surtout les notifications du smartphone, et c'est «tout ou rien» selon The Verge. Un retweet, un like sur Instagram, un SMS..., la montre «vibre tout le temps, et au lieu de m'aider à mieux répartir mon attention, j'ai surtout conscience de tous les gens que j'ignore», constate le testeur. Pour le New York Times, c'est toutefois «une question de quelques jours», et «le cerveau apprend à trier les différentes vibrations». La montre, écrit le quotidien, «a le potentiel pour nous sauver de nos smartphones».

Le sport limité à la cardio

Apple met en avant le potentiel fitness de sa montre, mais il reste limité. Elle n'embarque pas de GPS, il faut donc toujours courir avec son iPhone strappé au bras. Malgré la présence d'un accéléromètre, l'Apple Watch, à la différence de la Microsoft Band, «ne fournit pas de retour sur d'autres activités comme le yoga ou la musculation», regrette The Verge. Et sans étanchéité, elle est inutile pour les nageurs.

Le verdict: Mieux vaut attendre la prochaine édition

En 2007, le premier iPhone avait été moqué en Europe car il n'était pas compatible avec la 3G et ne proposait pas d'apps. Ça ne l'a pas empêché de transformer le marché. La montre d'Apple connaîtra-t-elle le même destin? L'analyste Ben Bajarin le pense. «Le PC, c'est pour quand nous avons quelques heures devant nous, le smartphone, quelques minutes, la montre, quelques secondes», écrit-il. Mais il n'y a pas d'urgence. Le modèle de l'an prochain devrait corriger les principaux défauts (lenteur occasionnelle, batterie qui tient tout juste une journée, manque d'apps et de fonctions vraiment utiles). Avec un prix compris entre 399 et 20.000 euros, «à moins d'opter pour la version sport (de base, ndr), le futur peut attendre», conclut le Wall Street Journal.