La NSA insère, Fanny, un logiciel espion dans des milliers d'ordinateurs

ESPIONNAGE Le virus informatique serait capable d'infecter des dizaines de milliers d'ordinateurs...

20 Minutes avec agence

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Bâtiment appartenant à la NSA photographié en novembre 2013.
Bâtiment appartenant à la NSA photographié en novembre 2013. — Trevor Paglen/REX/REX/SIPA

L'Agence nationale de sécurité américaine (NSA) aurait mis au point un virus informatique capable d'infecter des dizaines de milliers d'ordinateurs. C'est ce que révèle dans un rapport le laboratoire de Kaspersky. L'éditeur russe de systèmes de sécurité informatiques a, en effet, observé la présence, dans plusieurs pays, d'un programme d'espionnage logé dans le disque dur des ordinateurs vendus par des grandes marques.

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Baptisé Fanny, le ver (ou le logiciel espion) se duplique, alors, sur toutes les machines et les supports branchés au disque dur. Grâce à ce logiciel «cheval de troie» indestructible, la NSA aurait les moyens d'espionner les faits et gestes de tous les utilisateurs des ordinateurs infectés, de voler des documents et, plus, globalement, de contrôler, à distance, une majeure partie des ordinateurs de la planète.

Une trentaine de pays ont été victimes du «ver»

Parmi les cibles de l'Agence américaine, on trouve des banques, des médias et des activités islamistes, des chercheurs en nucléaire ou des sociétés du secteur de l'énergie et des télécommunications. Au total, près d'une trentaine de pays ont été victimes du «ver» parmi lesquels le Pakistan, la Chine, le Mali, la Syrie, le Yémen, l'Iran ou la Russie.

Selon les informations de Kaspersky, l'œuvre de Fanny remonterait jusqu'à 2001, juste après les attentats du 11-Septembre. De leur côté, les fabricants de disques durs (Western Digital, Seagate, Toshiba, IBM, etc.) affirment ne pas avoir connaissance du programme d'espionnage et n'ont pas réussi à comprendre comment l'agence américaine a pu accéder aux systèmes de ses produits.

Mais, ce mardi, la NSA, à la tête d'une opération mondiale de surveillance pour lutter contre le terrorisme, a refusé de confirmer toute implication dans le programme. «Nous sommes au courant du rapport. Nous ne commenterons publiquement aucune allégation soulevée par le rapport, ni aucune autre information», a indiqué Vanee Vines, sa porte-parole.