VIDEO. Cybercriminalité: Obama demande l'aide de la Silicon Valley

HIGH-TECH La Maison Blanche veut une loi généralisant le partage d'informations entre forces de l'ordre et entreprises...

20 Minutes avec agence

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Barack Obama et Mark Zuckerberg, au siège de Facebook, à Palo Alto, le 20 avril 2011.
Barack Obama et Mark Zuckerberg, au siège de Facebook, à Palo Alto, le 20 avril 2011. — M.J.SANCHEZ/AP/SIPA

Attaques contre le contrôle aérien, contre le réseau électrique, contre les transactions bancaires ou médicales de chacun sur internet: la seule façon de protéger efficacement les Américains de la cybercriminalité passe par la collaboration public-privé, «comme de vrais partenaires», selon Barack Obama. 

Menacé récemment par un «cybercalifat» se revendiquant proche de l'organisation Etat islamique, le président américain a, lors d'un sommet sur la cybersécurité à Palo Alto (Californie), exhorté la Silicon Valley à coopérer avec les autorités fédérales pour protéger les Etats-Unis des menaces terroristes, pirates informatiques et espions. «Cela doit forcément être une mission conjointe», a lancé Barack Obama devant un millier de personnes issues des entreprises du secteur, d'universités, d'associations de défense des libertés sur internet et des forces de l'ordre.

Des organisations de partage d'informations sur les cyberattaques

Concrètement, le président américain a signé un décret encourageant le secteur privé à créer des organisations de partage d'informations sur les cyberattaques, non seulement entre les entreprises, mais aussi entre elles et le département de la Sécurité intérieure, cœur de la cyber-coordination gouvernementale. L'accès à des informations classées sur les menaces de cybersécurité par le privé serait également facilité.

Mais, de son propre aveu, ces mesures ne représentent qu'une réponse partielle dans l'endiguement des cyberattaques. Alors la Maison Blanche veut que le Congrès légifère pour généraliser le partage d'informations entre forces de l'ordre et entreprises, pour faire remonter le plus vite et de manière exhaustive tout renseignement utile pour repousser une attaque.

La Silicon Valley échaudée par l'affaire Snowden

Mais une telle réforme est dans l'impasse, à cause de vues divergentes sur le cadre juridique encadrant le partage d'informations potentiellement confidentielles sur les clients des entreprises ciblées, qui réclament une immunité pour collaborer. Sans compter l'interférence du débat sur la réforme de l'Agence nationale de sécurité (NSA) après les révélations d'Edward Snowden.

Ainsi, en se déplaçant à Palo Alto, Barack Obama espérait se rabibocher avec les géants du Web, échaudés par les révélations du jeune homme sur l'appareil de surveillance américain, en 2013. Des géants qui, pour certains, ont pu voir leur image écornée par l'affaire, étant accusés de n'avoir pas assez résisté aux demandes d'interception officielles.

Ainsi, certains chefs d'entreprise comme Mark Zuckerberg, de Facebook, Marissa Mayer de Yahoo! étaient absents de la rencontre. Reste alors Tim Cook, patron d'Apple qui s'est  engagé personnellement «à discuter de façon productive avec la Maison Blanche et le Congrès pour transformer ces conversations en actions».