Les chauffeurs de navettes de Facebook ne «likent» pas leurs conditions de travail

ETATS-UNIS Ils ont décidé mercredi de rejoindre un syndicat pour défendre leurs droits...

M.C.

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L'entrée du campus Facebook en Californie, le 16 janvier 2012.
L'entrée du campus Facebook en Californie, le 16 janvier 2012. — TRIPPLAAR KRISTOFFER/SIPA

Pour aller travailler sur l’autoroute de l’information, les employés de Facebook ont besoin, tous les matins, d’emprunter d’autres voies, recouvertes d’asphalte et de peinture. Pour les y aider, une équipe de 70 chauffeurs de bus fait la navette chaque jour entre San Francisco et le «campus Facebook» de Menlo Park, situé à une cinquantaine de kilomètres de là.

Mais ces chauffeurs ne «likent» pas leurs conditions de travail. Selon Jimmy Maerina, l’un d’entre eux, interrogé par Business Insider, évoque un «emploi du temps éreintant», avec des journées qui commencent le matin à 5h30 au dépôt situé à 15 minutes des locaux de Facebook, pour se terminer à 20h45.

«Nous avons les vies de leurs employés entre nos mains»

Les chauffeurs sont employés par la société Loop Transportation, à qui Facebook sous-traite ses transports, et doivent prendre au milieu de la journée une pause non payée de cinq heures, pendant lesquelles il leur est interdit d’exercer une autre activité rémunérée. Selon Jimmy Maerina, beaucoup d’entre eux habitent trop loin pour rentrer chez eux dans l’intervalle, et doivent donc attendre au dépôt. Il raconte que l’endroit ne disposant que de quatre lits, la plupart des chauffeurs dorment dans leur voiture pendant cette longue interruption. Jimmy Maerina explique qu’il doit payer chaque mois une assurance santé obligatoire de 1.200 dollars, déduite de son salaire de 17 dollars de l’heure.

«Facebook doit ouvrir les yeux et réaliser que ça ne peut pas continuer, car nous avons les vies de leurs employés entre nos mains», estime le chauffeur de 54 ans. Les chauffeurs ont décidé mercredi soir de rejoindre Teamsters, le syndicat des conducteurs routiers américains, alors que ni Facebook ni Loop Transportation n’ont souhaité faire de commentaires sur leurs conditions de travail. La société de transport estime cependant qu’avec «des salaires horaires entre 17 et 25 dollars, les chauffeurs ont des revenus parmi les plus hauts de leur corporation». Maerina juge, lui, que Facebook devrait salarier directement les chauffeurs. En octobre, Google a ainsi embauché 200 agents de sécurité qui jusque-là étaient payés par un sous-traitant.

Tout n’est pourtant pas noir dans le quotidien des «Facebook drivers», à en croire Jimmy Maerina. Il décrit le fait de transporter les salariés de Facebook comme «relativement plaisant», ajoutant que certains ont écrit en leur faveur sur un site internet interne. «Ils sont super, conclut Maerina. Le seul problème, c’est Facebook.»