«Soldats inconnus», ce n'est «pas un jeu de guerre, mais un jeu sur la guerre»

JEU VIDEO Ubisoft sort ce mercredi le touchant «Soldats inconnus: Mémoires de la Grande Guerre», entre jeu vidéo et bande dessinée interactive...

Joel Metreau
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Les héros du jeu vidéo
Les héros du jeu vidéo — Ubisoft

De manière brillante, Ubisoft commémore le centenaire de la Première Guerre mondiale. Issu de son studio français Ubisoft Montpellier, «Soldats inconnus: Mémoires de la Grande Guerre» se révèle une expérience émouvante et graphiquement belle, à mi-chemin entre le jeu vidéo et la bande dessinée interactive.



On y suit les destins croisés de cinq personnages, une infirmière au front, un militaire allemand, un engagé américain… Cinq personnages qu’on accompagne, en deux dimensions, en les faisant progresser via de petites énigmes et des séquences d’adresse. Ce qui en fait un jeu accessible au plus grand nombre.

Une guerre qui fut l’une des plus meurtrières de l’histoire

Car l’intérêt du jeu n’est pas tant dans sa jouabilité, que dans l’aventure poignante qui se déroule sous nos yeux. Elle permet de découvrir, avec pédagogie et en s’amusant, la vie ordinaire durant ce conflit qui fut l’un des plus meurtriers de l’histoire: 9 millions de personnes décédées et environ 20 millions de blessés. Les dessins ne sont pas réalistes, mais ils ont l’art de nous rendre encore plus sensible à ces personnages séparés de leurs proches.

«La correspondance de son arrière-grand-père»

«Soldats inconnus» est né dans l’esprit du directeur créatif d’Ubisoft Paul Tumelaire, dont l’arrière-grand-père avait perdu une jambe sur le front. Guillaume Cerda, producteur exécutif raconte: «Paul avait ramené la correspondance de son arrière-grand-père. On avait été frappé par le contraste entre l’émotion qui se dégageait de ses lettres et la froideur des documents militaires.» L’équipe s’est alors attaquée aux lettres de poilus et aux témoignages, comme Les mémoires d’un poilu breton pour nourrir leur réflexion.

Pas un jeu de tir à la «Call of Duty»

Pas question pour eux de faire un jeu de tir à la «Battlefield» ou à la «Call of Duty». «On voulait surtout éviter de montrer la Première Guerre derrière un fusil d’assaut. Mais plutôt montrer le quotidien des gens embarqués malgré eux dans le conflit. Ce n’est pas un jeu de guerre, mais un jeu sur la guerre». Appuyé par l’expertise de la mission Centenaire et par les auteurs de la série documentaire «Apocalypse: La Première Guerre mondiale», «Soldats Inconnus» retrace aussi les étapes clé du conflit, en n’omettant pas les premiers usages de l’arme biologique (le gaz moutarde), des blindés et de l’aviation militaire.

Certains épisodes sont plus connus, comme la Première bataille de la Marne et ses taxis réquisitionnés. D’autres le sont moins, comme la bataille de Vauquois qui déboucha par une longue guerre souterraine, dans les mines. Plus le scénario avance, plus la guerre des tranchées s’enlise, plus les combattants se rebellent, plus les couleurs sont ténébreuses et rouges sang. Et le jeu s’achève moins avec le sentiment d’avoir pris un cours d’histoire qu’une leçon d’humanité.

«Soldats inconnus: Mémoires de la Grande Guerre», en téléchargement digital (env.15€) sur PSN, PS4, Xbox One, Xbox Live et PC.