Les blockbusters s'essaient au free-to-play

JEU VIDEO Au salon du jeu vidéo de l'E3, les développeurs indépendants n'étaient pas les seuls à miser sur le gratuit...

Philippe Berry
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«HUNT: Horrors of the Gilded Age», de Crytek.
«HUNT: Horrors of the Gilded Age», de Crytek. — CRYTEK

A première vue, «HUNT: Horrors of the Gilded Age» est un blockbuster comme les autres. La réalisation graphique, basée sur le CryEngine, impressionne, le gameplay orienté action lorgne vers «Left4Dead» et le design des monstres, très recherché, pioche dans l'univers de Lovecraft. Mais quand il sortira, à l'automne, il aura une particularité: il sera gratuit.

Crytek n'est pas tout seul. D'autres studios majeurs ont décidé de tremper un orteil dans le modèle en vogue du free-to-play (F2P), qui mise sur les micro-transactions «in game» pour acheter des objets ou des talents. C'est notamment le cas de l'exclusivité PS4 «Let it Die», par l'excentrique créateur japonais Suda 51, du MMO/action de Bethesda, «Battlecry», et du prochain «Warhammer 40.000: Eternal Crusade».

Une recette qui peut rapporter gros

Jusqu'à présent, le F2P était surtout réservé aux jeux indépendants, aux MMORPG et au mobile. Mais alors que les ventes physiques diminuent au profit de la distribution numérique, «les éditeurs cherchent de nouveaux moyens de séduire les joueurs, et le F2P est le modèle le plus logique», estime l'analyste de Gartner, Brian Blau.

Convaincre les joueurs de dépenser 70€ fonctionne encore avec «GTA 5», «Call of Duty» ou «Fifa». Mais en 2013, moins de 30 jeux ont réussi à passer les 2 millions d'exemplaires vendus, selon les chiffres de VG Chartz. Ce cap représente en moyenne moins de 150 millions d'euros de recettes. Du côté du F2P, «Dungeon&Fighter» et «CrossFire», en Asie, ont généré plus de 700 millions d'euros en 2013. En Occident, «League of Legends» a rapporté 450 millions d'euros et «World of Tanks», 275 millions.

Selon Brian Blau, «le business model ne va pas se transformer du jour au lendemain, mais les expérimentations vont continuer». Car à l'heure actuelle, faire le pari du F2P a un avantage: la concurrence y est souvent moins relevée.