Secrétaire d’État au numérique: Axelle Lemaire pressentie pour succéder à Fleur Pellerin

POLITIQUE Selon nos sources, cette Députée des Français d'Europe du Nord devrait être choisie par Arnaud Montebourg, mercredi...

Philippe Berry

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La députée des Français d'Europe du Nord, Axelle Lemaire, en 2012 à Londres.
La députée des Français d'Europe du Nord, Axelle Lemaire, en 2012 à Londres. — N.CUNARD/REX FEATURES/AP/SIPA

Elle est jeune, tournée vers l’international, et a publié des travaux sur la neutralité du Net et les données privées. Députée des Français d’Europe du Nord, Axelle Lemaire est pressentie pour être nommée secrétaire d’Etat au numérique, mercredi. Dans un gouvernement Valls resserré, ce poste précédemment occupé par Fleur Pellerin, partie au Commerce extérieur, est désormais directement rattaché au ministère de l’Economie d’Arnaud Montebourg.

«Elle tient la pole position», confie un ancien conseiller ministériel. Dans une short-list qui comprend également les noms de Benoît Thieulin, Corinne Erhel et Gilles Babinet, «c’est la seule qui a une véritable connaissance des sujets et l’expérience d’un mandat politique».

Une Franco-Canadienne installée à Londres

Axelle Lemaire, 39 ans, a grandi au Canada puis a étudié en France, à Sciences Po Paris, avant de finir sa formation de droit au King’s College de Londres, où elle habite depuis 12 ans. Elle a notamment travaillé pour le Labour Party britannique avant d’être élue députée des Français d’Europe du nord en 2012.

Succéder à Fleur Pellerin, très agressive pour exporter la «French Tech» à l’étranger, ne sera pas une mission facile. Mais selon un proche, Axelle Lemaire «offrira une jolie complémentarité à Arnaud Montebourg» –lui, le défenseur du franco-français porté sur l'industriel et la robotique; elle, l'Européenne tournée vers le numérique et le Web.

Développer l'investissement

En octobre dernier, Axelle Lemaire a publié, avec l'UMP Hervé Gaymard, un rapport sur la stratégie numérique de l'Union européenne. Face à un constat d'échec des politiques passées, qui ont laissé les entreprises américaines et asiatiques prendre de l'avance, elle préconise notamment «de faciliter l’accès au financement de l’innovation via les outils de capital-risque». Selon elle, il faut créer des «fonds paneuropéens pour accompagner l’essor des start-up susceptibles de devenir les champions numériques de demain».

Frédéric Stemmelin, président de la Chambre de commerce franco-américaine de San Francisco, acquiesce. Selon lui, «créer une startup en France, contrairement aux idées reçues, n'est pas compliqué», grâce à l'existence de nombreux coups de pouce. En revanche, la France n'a pas de tradition d'investissement des «venture capitalists» américains (investisseurs en capital-risque), qui injectent parfois plusieurs dizaines de millions de dollars dans une startup, lui permettant de jouer dans la cour des grands. Selon lui, «c'est tout une culture qu'il faut changer».

>> Son échange en vidéo avec Fleur Pellerin, à l'Assemblée