Popcorn Time, le logiciel cauchemar d’Hollywood, ferme déjà ses portes

WEB Les développeurs de Popcorn Time expliquent dans une lettre être «extrêmement fiers» du logiciel surnommé ces derniers jours le «Netflix du piratage», qui n’a pas survécu mais aura permis de «reconnaître que l’industrie du cinéma a établi bien trop de restrictions sur bien trop de marchés»…

A.L.

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Popcorn Time, un logiciel de streaming qui propose des contenus pour la plupart illégaux.
Popcorn Time, un logiciel de streaming qui propose des contenus pour la plupart illégaux. — DR

Popcorn Time, c’est déjà fini. En début de semaine, le logiciel gratuit pour Windows, Mac OS et Linux, qui permettait de voir des films récents en streaming, en full-HD, en passant par le protocole de BitTorrent via une interface extrêmement simple d’utilisation, avait fait parler de lui dans le monde entier, en héritant rapidement des surnoms de «cauchemar d’Hollywood» et de «Netflix du piratage».

Mais c’est déjà l’heure de dire «au revoir», titre du post publié par les développeurs anonymes qui annoncent la fermeture du logiciel basé à Buenos Aires. «Popcorn Time ferme aujourd’hui. Pas parce que nous n’avons plus ni énergie, ni motivation, ni détermination, ni alliés. Juste parce qu’il faut que l'on continue nos vies», écrit le fondateur.

«Nous sommes très fiers de ce projet. C’est le plus important que nous ayons construit. (…) Et pour être honnête, au moment où je vous écris, chacun d’entre nous a l’estomac noué (…) Nous avons l’impression de laisser tomber nos incroyable contributeurs. Ceux qui ont traduit l’application en 32 langues (...) Nous sommes fascinés par ce que la communauté open source est capable de faire».

«L'expérience qu’ils méritent»

«Nous sommes avant tout de jeunes entrepreneurs passionnés d’informatique», poursuit le fondateur, qui insiste: Popcorn Time est légal, un argument qui se défend, comme on vous l'expliquait ici. «Nous avons vérifié. Quatre fois.».  

Même malgré sa durée de vie courte, Popcorn Time aura eu le mérite de relancer le débat sur l'industrie hollywoodienne et le piratage, à l'échelle mondiale, écrivent-ils. «Vous savez quelle est la meilleure chose à propos de Popcorn Time? Que des tas de gens se sont accordés pour reconnaître que l’industrie du cinéma avait établi bien trop de restrictions sur bien trop de marchés (…) Le piratage n’est pas un problème de personnes. C’est un problème de services. Un problème créé par une industrie qui voit l’innovation comme une menace à leur recette dépassée pour créer de la valeur».

Il conclut: «L’expérience montre que les gens risquent des amendes, des poursuites judiciaires ou toute autre conséquence possible uniquement pour pouvoir regarder un film récent chez eux. Juste pour avoir l'expérience qu’ils méritent».