Passer au contenu principalPasser à l'en-têtePasser au pied de page
«Castlevania: Lords of Shadow 2»: Un Dracula flamboyant sort les crocs

«Castlevania: Lords of Shadow 2»: Un Dracula flamboyant sort les crocs

JEU VIDEOLe studio espagnol MercurySteam livre dans le hack’n’slash «Castlevania: Lords of Shadow 2» un univers qui se distingue par sa direction artistique baroque et gothique…
Joel Metreau

Joel Metreau

Dracula mord moins qu’il ne cogne dans «Castlevania: Lords of Shadow 2» (sur PC, PS3 et Xbox 360). Dans cette suite, le premier s’étant vendu à 2 millions d’exemplaires, la licence explore une créature, «qui n’avait pas un rôle déterminant dans les précédents jeux, explique Enric Alvarez, cofondateur du studio espagnol MercurySteam et directeur du jeu. Il se contentait de faire ‘’bouh’’ à la fin.» Voici l’occasion d’incarner un personnage mythique de la culture pop, avec qui il est pourtant difficile de s’identifier. Dès le début, il étanche sa soif d’hémoglobine dans le cou d’innocents passants. «Il fallait faire prendre conscience que c’est le prince des ténèbres, pas un super-héros, pas un mec super cool.»



« Connotation sexuelle »

Il n’est pas plus aimable que le Dracula de Francis Ford Coppola qui a servi de point de repère à MercurySteam. «Notre Dracula est voûté de manière à faire ressentir le poids des années et de la culpabilité sur ses épaules.» Torse nu, aussi. «Afin d’illustrer la connotation sexuelle de ce personnage.» Mais la luxure se fait plus discrète dans ce jeu qui se distingue surtout par son univers gothique gore et baroque. Avec des passages oniriques, comme celui où l’on s’improvise metteur en scène d’un théâtre de marionnettes, en plantant le décor et les personnages.

Spanish touch?

A cheval entre notre monde contemporain et un autre médiévo-fantastique, ce jeu pourrait se parcourir comme un touriste peut le faire parmi les réminiscences de l’art espagnol. Une spanish touch? «C’est sûr que notre culture espagnole a eu un impact sur le côté visuel et gothique du jeu. On en est imprégnés. Il suffit de se promener à Barcelone… Dans le premier jeu, des gens trouvaient même que la lumière jaune et chaleureuse reflétait celle de l’Espagne en été», sourit Enric Alvarez. Et si la splendide partition symphonique conçue par Oscar Araujo n’a pas été «composée pour illustrer les environnements, mais pour accompagner les états d’âme du héros», elle donne des frissons lors de la visite.



Casting british

Espagnol, c’est sûr, mais le casting british du précédent jeu est de retour. MercurySteam a de nouveau fait appel aux acteurs Robert Carlyle et Patrick Stewart, qui ont enregistré aux Side Studios, à Londres, spécialisés dans le doublage de jeux vidéo. «Travailler avec des acteurs britanniques de ce calibre, c’est cher, mais ça rapporte», reconnaît Enric Alvarez. «En deux minutes, ils vous offrent au moins dix options. Et puis ils se dirigent presque eux-mêmes après avoir vu les cinématiques.» Au moins trois heures dans un jeu qui en dure une vingtaine, pourvu qu’on accepte d’en explorer tous les recoins obscurs.

Un hack’n’slash pour les fans de la série

Même si on a plaisir à incarner le Prince des ténèbres, le scénario de «Castlevania: Lords of Shadow 2» peut apparaître parfois confus et les phases d’infiltration, où le héros se dissimule en rat, superficielles. Ce hack’n’slash plutôt étriqué, par rapport au dernier «Devil May Cry» ou aux facéties de «Bayonetta», est à conseiller aux fans de la série et à ceux qui ne s’effraient pas de mener des combats dont la mécanique est très réglée. Les boss coriaces et la direction artistique se révèlent en revanche beaucoup plus engageants.