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Fallait-il inviter les politiques au Web3?

Fallait-il inviter les politiques au Web3?

La venue de Nicolas Sarkozy et François Bayrou à la conférence événement sur l’Internet n’a pas fait l’unanimité chez les participants.
Philippe Berry

Philippe Berry

Il voulait en faire «un mini Davos» de l’Internet, une réponse de la vieille Europe au sommet géant Web 2.0 de San Francisco. Loïc Le Meur, organisateur de l’événement, a en partie réussi son pari.


Les bons points

Pendant deux jours, les 1000 participants du Web3, venus de 37 pays, ont vu défiler au micro tout le gratin de l’Internet.


Niklas Zennström (Skype), Tristan Nitot (Mozilla Europe), Dave Sifry (Technorati), Tariq Krim (Netvibes) et tous les autres, n’ont pas tenu un discours révolutionnaire lors de la trentaine de conférence qui n’a souvent fait qu’effleurer de vastes thématiques (la mort des anciens médias, la montée en puissance des blogs, le futur des jeux…). Mais ils avaient le mérite d’être là, témoins de l’importance des (r)évolutions en cours. Sans compter que dans les coulisses, l’effervescence était palpable.


A la Netvibes Party, lundi soir, on a entrechoqué les verres et parlé business. Rodrigo Sepulveda de vpod.tv le confirme: «L’année dernière, il y avait 3-4 VC’s (1), cette année, ils étaient tous là, ParTech, Innovacom, Sofinova.» Olivier Nachba, venu présenter sa start-up Oyez!, raconte également que si les chéquiers n’ont pas forcément été sortis, des «rendez-vous ont été pris».


Les ratés

Après Shimon Péres, venu à la «dernière minute» parler d’Internet et liberté d’expression, François Bayrou et Nicolas Sarkozy ont fait une apparition à la tribune mardi. Priant la salle de les accueillir «avec tout le respect dû à leur fonction», Loïc Le Meur – qui soutient officiellement le patron de l’UMP – avait annoncé les règles du jeu: 15 minutes de discours et 15 minutes de questions.


François Bayrou s’est plié à l’exercice – rendu laborieux par la traduction français-anglais au pied levée. Nicolas Sarkozy s’est en revanche éclipsé aussitôt son discours terminé, essuyant des sifflets de la salle. Pas de polémique selon Franck Louvrier, un de ses proches conseillers: le patron de l’UMP «avait très clairement dit qu’il repartirait après son discours, car il était attendu ailleurs».


«Trahison»


Si dans la salle, Stéphane, un des participant s’estime «pris en otage», c’est sur le web anglophone que les commentaires sont les plus acides. «Loïc Le Meur trahit 1000 personnes pour son ambition politique personnelle ?» interroge Nicole Simon sur son blog CruelToBeKind. SierraLog dénonce aussi la «propagande politique», tandis que Shane Richmond, du Daily Telegraph se demande simplement «Pourquoi étaient-ils là».

Mais c’est Business Quests résume le mieux la colère de nombreux participants: «Avoir payé (entre 300 et 600 euros, ndlr) pour recevoir une leçon d’un politique français sur les valeurs de l’Internet.» Pire: une «leçon en français».

Au milieu de cette polémique, Pierre Chappaz, le fondateur de Kelkoo, est l'un des rares à voler au secours de Loïc Le Meur. «Il y a peu de temps encore, nous nous plaignions tous du manque d'intérêt des dirigeants français pour Internet. Maintenant ils se précipitent pour parler aux bloggeurs et aux net-entrepreneurs! Moi je préfère ça! Alors Loïc, bravo!», écrit-il sur son blog.



(1) Capitaux risqueurs en français : leur rôle consiste à réaliser des investissements, souvent risqués, dans des start ups notamment.