VIDÉO. «En réalisant ''Pokémon X et Y'', j’ai compris pourquoi la France était un pays formidable»

Joel Metreau

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Des Pokémon issus des jeux vidéo «Pokemon X et Y».
Des Pokémon issus des jeux vidéo «Pokemon X et Y». — Nintendo / game Freak

Les Pokémon font leur retour samedi, sur Nintendo 3DS. Junichi Masuda, directeur du jeu dans le studio japonais Game Freak, livre sa vision de «Pokémon X» et de «Pokémon Y».

Pour la première fois, un jeu Pokémon connaît une sortie simultanée dans tous les pays. Ça change quoi pour vous?
Ça va faire sept ans que j’ai envie que les Pokémon disposent d’une sortie mondiale. C’est sympa que les gens du monde entier puissent capturer et élever leurs Pokémon en même temps et vivre les mêmes expériences ensemble. Mais pour réussir ce tour de force, il fallait révolutionner notre manière de réaliser les jeux vidéo. On a revu notre système pour préparer toutes les versions en même temps.

 
Pourquoi avoir appelé les jeux «X et Y»?
X et Y représentent deux axes différents. Dans le thème du scénario, X représente l’infini et Y la destruction. Mais je voulais aussi exprimer qu’en prenant deux axes différents, il y a toujours un point de rencontre.
 
Un jeu à message donc?
On parle souvent de combats Pokémon mais je les vois davantage comme des défis que les gens se lancent pour voir qui est le meilleur stratège. De ce point de vue, Pokémon ne propose pas un message belliqueux. Soit on va défier d’autres dresseurs, soit on va affronter des Pokémon sauvages. Mais on peut les capturer et les élever, ce qui nous donne un sens de la responsabilité vis à vis à d’eux. On a essayé de mettre un contenu scénaristique ambitieux pour voir plus loin que la simple aventure. Au-delà des simples quêtes, on aimerait que les adultes et les enfants se disent: «Que pourrais-je faire pour rendre le monde meilleur dans le jeu?»
 
Le monde du jeu est inspiré de la France et de Paris. On y trouve des répliques de la tour Eiffel, comme du Mont Saint-Michel. Y a-t-il des monuments que vous n'avez pas pu faire figurer?
J’ai voulu en mettre beaucoup, mais il n’y en aura jamais assez. En réalisant «Pokémon X et Y», j’ai beaucoup étudié la France et saisi pourquoi c’était un pays formidable. Le Louvre, la Tour Eiffel… On a essayé de placer des éléments représentatifs. Et surtout j’aime comprendre les constructions.
 
Les Pokémon s'adressent à qui aujourd'hui?
On ne réfléchit pas en termes de population, si c’est pour les garçons, les filles les jeunes ou les adultes... C’est un jeu pour les gens qui aiment l’aventure. Comme les enfants sont plus prompts à l’aventure, c’est normal qu’ils soient plus nombreux à y jouer. On organise les Pokémon Championships qui ressemblent aux J.O. avec une compétition à très haut niveau. Les Pokémon, c’est conçu comme un sport intellectuel, comme les échecs ou l’othello.
 
Le design aussi est primordial...
En regardant le design d’un pokemon tout doit paraître naturel, viable et crédible. Par exemple, ce Pokémon, Bruyverne. Le designer voulait créer un Pokémon de type dragon, avec des ailes gigantesques. Mais on ne parvenait pas à équilibrer son corps. Ça nous a pris six mois pour définir son design, qui au final va ressembler à une chauve-souris.
 
Le plus célèbre des Pokémon, Pikachu, est-il présent dans «X et Y»?
Oui, et comme le dessin animé est diffusé dans 70 pays, ce sera le seul Pokémon à avoir le même cri dans toutes les versions du jeu, le cri qu'il pousse dans l'animé. Pikachu, c’est une souris électrique. En japonais, Pika, c’est le bruit d'une étincelle et Chu le couinement que font les souris.
 
Combien de Pokémon y a-t-il aujourd'hui? Vous connaissez tous leurs noms par cœur?            
Il y en a 650, plus un certain nombre à découvrir dans «Pokémon X et Y». On se trompe souvent car pendant le développement du jeu, on les appelle tous par leurs noms de code. Du coup, je me rappelle davantage de leurs noms de code que de leurs vrais noms.