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Professeur Layton: Les secrets de fabrication racontés par un de ses créateurs

Professeur Layton: Les secrets de fabrication racontés par un de ses créateurs

JEU VIDEOAkihiro Hino, fondateur et président du studio japonais Level-5, assistait à la Japan Expo ce vendredi 5 juillet. Il revient sur la création des «Professeur Layton»…
Joel Metreau

Joel Metreau

Comment vous est venue l’idée de créer la franchise «Professeur Layton» en 2007?

D’abord, j’étais un très grand fan des livres du psychologue Akira Tago. Puis, on était à une période du jeu vidéo où, sur Nintendo DS, le «Programme d'Entraînement Cérébral» commençait à cartonner, les jeux de rôle un peu moins. Lorsque Level-5 a voulu faire son premier jeu, on a pris en compte cette situation. De cette réflexion est né le Professeur Layton. Nous voulions toucher ce public de joueurs très «light» avec des énigmes qui feraient avancer le scénario quand elles étaient résolues. Le jeu devait également pouvoir être interrompu facilement, tout en offrant au fur et à mesure un résumé de l’histoire.

Et la figure du Professeur Layton?

Au début, je voulais m’inspirer d’une relation Sherlock Holmes-Docteur Watson, mais le fait que son acolyte Luke soit un enfant offrait une dynamique narrative intéressante. Puis ce sont deux personnalités qui apprécient de se défier.

Pourquoi une ambiance très rétro et occidentale?

Contrairement à ce qui a parfois été dit, ce n’était pas pour conquérir le marché occidental. Cette Angleterre rétro donnait une atmosphère mystérieuse, où la frontière entre la réalité et l’imaginaire pouvait s’estomper. C’était parfait pour intégrer des éléments fantastiques aux scénarios.

Combien de personnes travaillent sur un Layton?

A chaque épisode on a augmenté l’effectif. Pour le premier, on était moins de dix, pour notre sixième, qui sera le dernier, «Le Professeur Layton et l’héritage des Aslantes» [qui sort à la rentrée], il y avait entre 70 et 80 personnes.

Comment sont conçues les énigmes?

On n’a pas de stock d’énigmes, à chaque jeu, on doit les trouver. Il y a deux équipes, celle d’Akira Tago, constituée de cinq personnes, et la nôtre, trois personnes chargée d’adapter ces énigmes pour un jeu vidéo. A chaque jeu, Tago et notre équipe partent un séminaire où ils vont passer deux nuits, reculés du monde, à travailler dessus. Et cela deux à trois fois par jeu. Mais avant, on commence par établir les grandes trames du scénario.

Vous les testez vous-mêmes?

Je les essaie toutes, il y en a beaucoup que je refuse. Car il s’agit d’équilibrer la difficulté. Le joueur moyen doit être capable de la comprendre. Et il y a un type d’énigmes que je retoque systématiquement, c’est celles qui font trop appel aux mathématiques.

Vous excluez aussi les énigmes avec les jeux de mots?

Tout à fait. Les trois premiers «Professeurs Layton» avaient été uniquement conçus pour le Japon. Certaines énigmes étaient intraduisibles, on a été obligés d’en recréer pour le marché étranger. Pour les suivants, on a décidé de créer des énigmes à partir d’images, de choses sur lesquelles cliquer ou à déplacer.

Vous participez à une masterclass à la Japan Expo ce vendredi 5 juillet. Vous connaissez l’événement?

Oui, j’en ai déjà entendu parler. C’est la première fois que je m’y rends. Ça m’intrigue car c’est une cristallisation de la culture moderne japonaise, qui crée des points communs entre les jeunesses japonaise et européenne.

Qu’avez-vous appris de la collaboration avec les studios Ghibli sur le jeu «Ni no kuni: la vengeance de la sorcière céleste»?

Surtout l’expérience de la mise en scène de la vie quotidienne, ces gestes anodins, par exemple quand les gens mangent ou changent de vêtements.

Level-5 développe aussi une autre franchise, moins connue en France, «Inazuma Eleven», qui mêle football et jeu de rôles...

J’aime beaucoup les œuvres Shaolin Soccer et «Olive et Tom». J’ai essayé de transmettre ma passion du football, avec ces drames humains, ces transferts et l’aspect gestion d’équipe. Et d’y allier un côté fantasy, puisque les joueurs ont des pouvoirs. «Inazuma Eleven» permet de revivre l’affrontement entre ces équipes et de jouer avec le positionnement des personnages. On se lâche un peu car la réalisation et la mise en images sont délirantes.