Instagram va-t-il vendre les photos de ses utilisateurs?

HIGH TECH L'application de partage de photos a modifié en profondeur ses conditions d'utilisation. Le nouveau règlement, critiqué par les sites spécialisés, prendra effet le 16 janvier...

Anaëlle Grondin
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Un profil Instagram en version Web.
Un profil Instagram en version Web. — CAPTURE D'ECRAN/20MINUTES.FR

Mise à jour: le confondateur s'explique et revient sur les annonces: non, Instagram ne vendra pas vos photos. Les détails ici.

Instagram a-t-il signé son arrêt de mort? La célèbre plateforme de photos risque en tout cas de perdre en popularité dans les semaines à venir. L’application, rachetée par Facebook cette année, a modifié en profondeur ses conditions d’utilisations. Et le nouveau règlement suscite déjà des inquiétudes sur Internet.

Outre l'intégration de vos données au sein de Facebook, Instagram s’arroge le droit, à partir du 16 janvier, de vendre à son gré les millions de photos publiées par ses abonnés en précisant que les propriétaires des clichés ne recevraient rien en échange. Pire, ils ne seront même pas informés des ventes.

«Vous acceptez qu'une entreprise ou une autre entité nous paie pour pouvoir afficher votre pseudonyme, vos photos (accompagnés des données qui y sont rattachées) et/où les actions que vous effectuez, en lien avec des contenus payants ou de la publicité, sans qu'aucune compensation ne vous soit versée», peut-on lire dans les conditions d’utilisation d’Instagram.

Un exemple concret donné par le site spécialisé CNET: un hôtel hawaiien pourrait faire un chèque à Instagram (ou à Facebook) pour pouvoir utiliser des photos de vacances d’un utilisateur dans ses brochures.

Supprimer son compte ou subir le règlement

Instagram, qui revendique 100 millions d’utilisateurs dans le monde, se transformerait alors en banque d’images à laquelle n’importe quelle entreprise pourrait avoir accès.

A moins de supprimer votre compte avant le 16 janvier, date à laquelle ces conditions d’utilisation prendront effet, il est impossible d’échapper à cette nouvelle politique.

>> Vous voulez quitter Instagram? Comment récupérer vos photos

Clayton Cubitt, un photographe basé à New York très suivi sur Instagram, estime que le nouveau règlement de la plateforme est une «lettre de suicide». Il n’est toutefois pas étonnant d’apprendre qu’Instagram cherche par tous les moyens à se monétiser. L’application affronte une baisse de 11% de son trafic depuis que Twitter l’a remplacé, début décembre, par sa propre application de photos avec filtre.

Rappelons la Première loi du web 2.0 : si vous ne payez pas le service, c'est que vous êtes le produit #Instagram
— Maitre Eolas (@Maitre_Eolas) Décembre 18, 2012

Et tant que les internautes ne prendront pas le temps de lire attentivement les conditions d’utilisation des réseaux sociaux et ne s’insurgeront pas, rien ne poussera ces entreprises à aller dans le sens des utilisateurs qui souhaitent rester propriétaires de leurs données privées.