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« Ghost of Yotei » est-il fidèle au Japon médiéval ?

« Les vêtements et accessoires montrent un réel souci de fidélité »… Une historienne juge « Ghost of Yotei »

le Japon de l’époqueLe jeu « Ghost of Yotei » est un des plus gros succès de l’année grâce à son ambiance visuelle au sonore cohérente du Japon médiéval. Mais est-il vraiment réaliste ? Noémi Godefroy, historienne du Japon moderne nous en dit plus
Tom Comminge

Tom Comminge

L'essentiel

  • Le jeu « Ghost of Yotei » est l’un des plus gros succès de l’année sur PlayStation. Il offre des décors éblouissants, une histoire captivante et des personnages intéressants.
  • Mais est-il représentatif de la réalité de l’époque ? On a posé la question à Noémi Godefroy, historienne du Japon moderne.
  • D’après Noémi Godefroy, le jeu parvient à conjuguer divertissement, beauté visuelle et respect de la réalité historique. Ce qui en fait une expérience captivante, bien ancrée dans l’époque, la culture et les paysages.

Ghost of Yotei, c’est l’un des jeux PlayStation phares de cette fin d’année. Le successeur de Ghost of Tsushima figure parmi les plus gros succès de 2025. L’éditeur Sucker Punch envisage même de sortir un DLC, à peine deux mois après sa sortie. Ce qui fait son succès, c’est son gameplay, ses décors et son histoire. Le jeu nous plonge dans le magnifique Japon des années 1600. Mais est-ce une représentation cohérente avec la réalité de l’époque ?

Noémi Godefroy, historienne du Japon moderne répond à cette question. A l’occasion d’une game-conférence, elle a pu découvrir le jeu en direct et analyser le travail historique et artistique des développeurs. D’après l’historienne, le jeu parvient à conjuguer divertissement, beauté visuelle et respect de la réalité historique. Ce qui en fait une expérience captivante, bien ancrée dans l’époque, la culture et les paysages.

Un contexte historique clair

L’histoire suit Atsu, une héroïne cherchant à venger sa famille avec l’aide de son frère, samouraï du clan Matsumae. Si la présence d’une femme guerrière est rare dans les sources historiques, le personnage reste crédible et s’inscrit dans une tendance contemporaine du jeu vidéo de mieux représenter les femmes. Le choix du clan Matsumae est, lui, historiquement fondé. « C’était un clan installé au sud de Hokkaido au début du XVIIᵉ siècle, explique Noémi Godefroy. Il occupait une position clé dans les relations avec les populations autochtones Aïnou. On peut y retrouver le type d’architecture typique de leurs maisons, les chise. Le terme kotan est aussi employé, le mot en langue aïnoue pour désigner les villages. »

Le jeu réussit également à intégrer de nombreux éléments véridiques du contexte historique : fin de la période de guerres civiles, migrations japonaises vers Hokkaido, diversité sociale des personnages… Certaines libertés sont prises pour servir le gameplay, comme des châteaux ou villages légèrement idéalisés, mais les bases restent solides. « Les motifs des vêtements, armures et accessoires montrent également un réel souci de fidélité, tant du côté japonais que du côté aïnou, jusqu’aux chaussures en peau de saumon fabriquées par cette population autochtone », souligne Noémi Godefroy.

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Une claque visuelle et réaliste… avec quelques rajouts

Dès les premières minutes, l’esthétique du jeu impressionne. D’après Noémi Godefroy, la carte reproduit fidèlement l’île de Hokkaido, son relief, son climat et ses paysages, avec notamment le mont Yotei, surnommé le "mont Fuji de Hokkaido". Là où ça bloque, c’est au niveau des zones de civilisation.

« A cette époque, l’île de Hokkaido est très peu habitée, explique Noémi Godefroy. Dans le jeu, on sent que les développeurs ont créé des zones d’habitation et des lieux typiques supplémentaires pour installer une ambiance réaliste de la région dans toute l’île. C’est mieux pour la personne qui joue car elle interagit plus avec les personnages, mais du point de vue historique, cela ne reflète pas la réalité de l’époque. » L’historienne salue néanmoins les changements de météo qui apportent son lot de paysages à couper le souffle. La saison hivernale, marquée par ses étendues de neige, représente fidèlement le climat du nord de l’île de Hokkaido.

Une ambiance sonore inspirée des instruments traditionnels de l’époque

Ghost of Yotei se démarque également par son ambiance sonore typique de l’époque. « J’ai entendu trois instruments traditionnels du Japon de cette période, mentionne Noémi Godefroy. Le premier est le shamisen, un instrument à corde qui vient plutôt des îles Ryukyu et d’Okinawa, au sud de l’archipel mais qui s’est peu à peu diffusé dans l’ensemble du Japon.

Il y a également un instrument aïnou, le tonkori. C’est vraiment la musique typique de cette civilisation et le rendu est excellent dans le jeu. Il y a d’ailleurs de la musique aïnoue dans l’environnement sonore du jeu, notamment dans certains villages quand on s’y trouve. Il y a enfin un autre instrument typique aïnou, une guimbarde appelée mukkuri. Cette ambiance sonore offre une réelle immersion dans la culture de l’époque. »