Rémi Capdevielle pour 20 Minutes
L'essentiel
- Nintendo of America a obtenu gain de cause contre James C. Williams, alias « archbox », modérateur de la chaîne « r/SwitchPirates », avec une condamnation de 4,5 millions de dollars prononcée le 23 septembre par le tribunal fédéral du district ouest de Washington.
- Nintendo lui reprochait d’avoir mis en place plusieurs boutiques en ligne proposant des bibliothèques de jeux Switch piratés, diffusé des logiciels capables de contourner les protections techniques de la console, et fait la promotion de ces services.
- Le jugement a été rendu par défaut après l’absence de réponse de Williams à la plainte, et il est désormais contraint de stopper toutes ses activités de piratage, de désactiver ses boutiques et comptes, bien qu’il reste incertain que Nintendo récupère effectivement les 4,5 millions de dollars.
Nintendo vient de frapper fort dans sa guerre contre le piratage. Le 23 septembre dernier, le tribunal fédéral du district ouest de Washington a donné raison au constructeur japonais face au hackeur James C. Williams, alias « archbox ». Montant de la sanction : 4,5 millions de dollars, soit environ 4 millions d’euros. La décision, rendue par la juge Lauren King, a mis un terme à une procédure engagée en 2024.
Les boutiques pirates dans le viseur de Nintendo
À l’origine, Williams était connu comme modérateur de la chaîne « r/SwitchPirates », une communauté Reddit consacrée au piratage de la console. Selon The Verge, Nintendo of America lui reprochait d’avoir mis en place plusieurs boutiques en ligne proposant des bibliothèques de jeux Switch piratés. Selon la plainte, il aurait aussi diffusé des logiciels capables de contourner les protections techniques de la console, tout en faisant la promotion de ces services et en aidant leurs utilisateurs. L’entreprise estimait que ces activités facilitaient la circulation massive de copies non autorisées de ses jeux.
Pour calculer les dommages et intérêts, les avocats de Nintendo ont retenu trente jeux protégés par le droit d’auteur et réclamé 150.000 dollars par titre. Soit 4,5 millions de dollars au total, montant accordé par la juge. Dans sa décision, la magistrate a considéré que les éléments présentés justifient une indemnisation élevée pour des atteintes volontaires aux droits d’auteur. Mais il ne s’agissait pas pour autant d’un procès classique, où les arguments des deux parties ont été débattus à armes égales. Ici, le jugement a été rendu par défaut, après l’absence de réponse de Williams à la plainte de Nintendo.
Un accusé sans défense
En mars 2024, la firme japonaise avait d’abord adressé une mise en demeure à Williams, avant des échanges avec ses propres représentants. L’intéressé avait notamment indiqué vouloir faire appel à un avocat, tout en contestant les accusations. Il n’a finalement pas présenté de défense devant le tribunal, le 23 septembre dernier. La justice a donc donné gain de cause à Nintendo.
Autre conséquence pour Williams : L’obligation de stopper les activités visées par l’injonction permanente, comme la distribution de jeux piratés, la diffusion d’outils de contournement et la promotion de ces pratiques. Il a également dû désactiver les boutiques et les comptes utilisés pour distribuer les contenus concernés. Reste à savoir si Nintendo parviendra un jour à récupérer ses 4,5 millions de dollars.