Bref essai DS4 E-Tense: Sois belle et tais-toi !
Auto•Quatrième modèle de la gamme DS, la DS 4 a été élue Plus Belle Voiture de l’Année 2022. Mais au-delà de ces considérations esthétiques, que vaut-elle réellement dans sa version de haut de gamme hybride rechargeable ?Stéphane Lémeret
La DS 4 se décline en 3 versions : DS 4, DS 4 Cross et DS 4 Performance Line. Longue de 4,40 m, large de 1,87 m et haute de 1,47 m, elle cherche à se faire une place parmi les modèles premium du segment C. Et c’est vrai que sur le plan esthétique, elle a toutes les chances de s’imposer. Mais a-t-elle d’autres arguments à faire valoir ?
A l’intérieur
En prenant place à bord pour la première fois, les impressions sont mitigées. Dans son ensemble, la planche de bord présente bien, même si on ne peut s’empêcher de lui trouver un petit côté minimaliste, certainement pour ce qui concerne son instrumentation. Sous ses yeux, le conducteur n’a droit qu’à un tout petit écran vraiment indigne d’une voiture de cette catégorie et de ce prix. Pas bien grand non plus, l’écran central et ses nombreux menus (pas toujours très clairs d’ailleurs) donnent la possibilité de personnaliser l’affichage mais… nous n’y sommes jamais parvenus. Quant au « touch pad » permettant soi-disant d’encoder une adresse de manière manuscrite, il nous aura suffi de plusieurs (vaines) tentatives d’utilisation pour l’oublier complètement.
Le presque tout à l’écran ne nous a guère plus emballé, pas plus que les sièges (au demeurant très joliment dessinés), bien moins confortables que les « Advanced Comfort » d’une Citroën. Autre détail énervant, les panneaux de porte, dont le design, s’il ne manque pas d’originalité, ne permet que de reposer le coude et pas l’entièreté de l’avant-bras. Pénible !
Les places arrière ne relèvent pas le niveau par leur manque d’espace pour les jambes. Idem pour le coffre (390 litres), dans lequel on ne trouve même pas un rangement sous le plancher pour le câble de recharge.
Sur la route
Avec une charge complète, la batterie de 12,4 kWh permet de parcourir 55 km WLTP en mode électrique. Au cours de notre essai, l’ordinateur de bord n’a cependant jamais indiqué plus que 52 km. Par défaut, la voiture démarre toujours dans ce mode. Pour une hybride, c’est plutôt curieux, non ? Bref, mieux vaut y être attentif, faute de quoi vous risquez de gaspiller votre autonomie en mode zéro émission. En matière d’agrément, le système hybride (puissance et couple cumulés de 225 ch et 360 Nm) séduit par sa douceur de fonctionnement, dommage que les changements de rapports de la boîte automatique soient parfois trop perceptibles et en règle générale, terriblement lents par rapport à ce qui se fait aujourd’hui.
Si la direction légère et naturelle est plaisante en toutes circonstances, l’amortissement piloté Active Scan Suspension nous a franchement déçus. Passe encore dans les mouvements verticaux, où sa progressivité est plutôt agréable, mais le bilan vibratoire, lui, n’a vraiment pas répondu à nos attentes avec un manque évident "d'onctuosité" et un contrôle de roue nettement insuffisant, allant jusqu’à provoquer de légers écarts du train arrière ! Un bilan assez désastreux qui, nous en sommes certains, est à mettre sur le compte des roues de 20 pouces qui sapent purement et simplement le travail des metteurs au point. Une option (1.000 €) à fuir donc.
Budget
La DS 4 E-Tense est proposée en 3 niveaux de finition : Bastille + (38.800 €), Trocadero (44.000 €) et Rivoli (47.500 €). La dotation de série de la version d’entrée de gamme est déjà assez complète avec entre autres les poignées de portes affleurantes, les projecteurs à diodes, la climatisation automatique bizone, le freinage d’urgence automatique, l’aide au maintien dans la voie, la connectivité Mirror Screen sans fil, etc.
Au terme de cet essai, sans avoir pu recharger aussi souvent que nous l’aurions souhaité étant donné certains déplacements assez longs sur autoroute, notre consommation moyenne a été de 4,6 l/100 km.
La DS 4 nous avait emballés par son design, mais à l’usage, elle nous a plutôt déçus. Outre une présentation numérique indigne de son rang et un manque de place à l’arrière, on pointera surtout du doigt un confort d’amortissement très décevant. Une fausse note heureusement à mettre sur le compte des roues optionnelles de 20 pouces. Vous voilà prévenus.



















