Renault craint les véhicules électriques chinois

Auto Les nouvelles normes d’émissions de l’Union européenne poussent les constructeurs à accélérer le déploiement de leurs véhicules électriques, mais favorisent aussi le débarquement en force de constructeurs chinois

Stéphane Lémeret pour 20minutes

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Aiways
Aiways — DR

Dès cette année, l’Europe impose aux constructeurs une moyenne de rejets de CO2 de 95 gr/km (avec quelques exceptions selon les marques) sur l’ensemble de leurs ventes. Des normes qui, pour être respectées, poussent les constructeurs à commercialiser rapidement des véhicules hybrides, hybrides rechargeables et bien sûr 100 % électriques, ces derniers comptant double dans le calcul de la moyenne d’émissions.

Du pain bénit pour les constructeurs chinois, qui auparavant auraient sans doute eu des difficultés à se plier aux normes d’émissions des motorisations à carburant traditionnel, et qui peuvent désormais affronter le marché européen avec des produits électriques dans lesquels ils ont déjà une réelle expertise. Un phénomène accentué par les primes à l’achat d’un véhicule électrique mis en place sur de nombreux marchés, et qui inquiète Jean-Dominique Senard, le président du Groupe Renault.

« Nous allons devoir faire face à une compétition féroce venue d’Europe mais aussi de l’extérieur » a déclaré M. Senard devant les députés lors d’une audience parlementaire, appuyant la nécessité « de se retourner rapidement pour contrer ces nouveaux entrants ».

Parmi les principales inquiétudes du dirigeant français, le débarquement en masse ces dernières semaines de nouveaux constructeurs en Norvège mais aussi en Corse, en plus de MG – désormais sous pavillon chinois –, qui a débuté la livraison de son SUV MG ZS EV voilà quelques jours. La Norvège, où les véhicules électriques représentent près de la moitié des ventes, verra arriver dès cet été les premières flottes de BYD, Xpeng et de l’Aiways U5, tous issus de l’Empire du Milieu. Ces derniers seront par ailleurs testés en Corse en association avec Hertz Corsica, avant un déploiement à plus grande échelle sur le continent ? C’est bien ce qui inquiète du côté du groupe Renault, actuel leadeur de la mobilité électrique en Europe avec sa Zoe.