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Essai VW T-Roc Cabrio : La « nouvelle Golf Cabrio »
Auto•Depuis la discrète retraite de la Golf Cabrio en 2016, VW n’avait plus de décapotable au catalogue, une première depuis la naissance de la Cox Cabrio en… 1949 !Stéphane Lémeret pour 20minutes
Ce manque est désormais comblé, mais comme on dit : autre temps, autres mœurs. Le cabriolet classique ne fait plus guère recette et a disparu de chez à peu près tous les constructeurs généralistes. C'est la loi du marché : ce qui ne se vend pas passe à la trappe. Et inutile de vous rappeler que ce qui se vend actuellement, c'est le SUV. Peut-être motivé par ce qu'a fait Range Rover il y a quatre ans avec l'Evoque Cabrio (et même avant, le concept remontant à 2012), VW a décidé de tenter à son tour le SUV décapotable. Sauf que, entre-temps, on a vu que la formule n'avait pas trop réussi au constructeur anglais, qui a décidé de ne plus proposer de version ouverte du nouvel Evoque. Comment VW réussirait-il là où Range a échoué ? Nous avons notre petite idée, mais chaque chose en son temps.
Star des trottoirs
Coup de chance : c'est durant la semaine la plus chaude de mai que nous avons pu essayer le T-Roc Cabrio, et la première chose à dire est qu'il a un succès fou auprès du public ! Déjà un bon point : on le remarque, alors que plus personne ne se retournait sur une Golf Cabrio. Il faut dire que décapoté, toutes vitres baissées, le véhicule a pas mal d'allure. D'ailleurs, quand il est fermé, la forme de la capote lui donne de faux airs de coupé. Pas mal non plus. Les designeurs ont donc bien réussi la métamorphose de ce qui est à la base un crossover 5 portes.
A l'intérieur, la partie avant est évidemment celle d'un T-Roc classique, avec ce que cela comprend de qualité (si on ne regarde pas trop les plastiques d'en bas), d'ergonomie et d'équipement électronique. Il n'y a plus que 4 places, mais qui suffiront sans problèmes à des adultes. La capote est très compacte une fois repliée, on n'a donc pas (trop) dû sacrifier l'habitabilité dans le sens de la longueur. Concept oblige, c'est en revanche le coffre qui paie : le voici à 284 L au lieu de 445 dans un T-Roc normal, et l'ouverture est forcément assez réduite. Cela étant dit, rien d'étonnant, le cabrio familial à grand coffre n'existait à notre connaissance que dans l'Amérique des années 1950-1960.
A sa place
Sur la route, pas de secret, on sent bien que l'absence de toit implique une perte de rigidité. Et c'est grave, docteur ? En fait, pas du tout. Car l'effet de cisaillement du châssis qu'implique cette perte de rigidité est négative dans deux cas : en conduite sportive (le comportement s'en ressent) ou quand cet effet est si important qu'il impacte le confort général. Ici, on a un véhicule qui incite plutôt à la promenade, et qui "cisaille" finalement assez peu. Bref, tout va bien.
Le VW T-Roc Cabrio reste donc bien à sa place : il ne vous fait pas croire qu'il va arracher le pavé – même si le 1.5 TSI 150 ch a de la ressource – et assure l'agrément auquel on est habitué dans n'importe quelle VW compacte. Ajoutons que la capote est assez bien insonorisée pour parcourir de longues distances sur autoroute, qu'elle devrait vous préserver plus que correctement des frimas hivernaux, et enfin que la conso moyenne relevée à 6,9 L colle avec le chiffre officiel WLTP.
Question de prix
Reste la question posée plus haut : comment le VW T-Roc Cabrio pourrait-il mieux s'en sortir que le Range Rover Evoque Cabrio, dont l'expérience a tourné court au bout de quatre ans ? Simple : l'Evoque coûtait au bas mot 50.000 € avant options, et on flirtait vite avec les 70.000 € si on le configurait comme doit l'être un tel accessoire de mode. Certes, le Range jouait parmi les premiums, et le véhicule était une tuerie, tant esthétiquement que techniquement. N'empêche, le public n'était manifestement pas prêt à dépenser cette somme pour ce véhicule. Le VW T-Roc démarre à 34.600€ (1.0 TSI 115 ch), et s'adresse à une clientèle "classe moyenne" qui, parce qu'elle peut s'accommoder de sièges en tissu et de jantes de moins de 20'', ne fera pas exploser le budget en options. Finalement, c'est la même clientèle que celle qui achetait une Golf Cabrio, mais a cessé de le faire par goût du SUV. Et si on lui propose la version SUV de la Golf Cabrio, elle pourrait bien se laisser tenter. Bien joué, VW !



















