Salon de Francfort: Toujours incontournable le salon automobile ?

AUTO Evénement privilégié pour exposer au monde entier les dernières nouveautés et évolutions, les salons automobiles de grande envergure peinent de plus à plus à attirer l’ensemble des constructeurs internationaux. Quelles sont donc les raisons de ce désamour ?

20 Minutes avec agences

— 

Malgré de nombreuses défections, les nouveautés ne manquent pas à Francfort, et l’IAA devrait continuer à attirer les foules.
Malgré de nombreuses défections, les nouveautés ne manquent pas à Francfort, et l’IAA devrait continuer à attirer les foules. — Maxime Hérion

Si l’on excepte le Renault Captur, exposé le temps de la journée réservée à la presse sur un stand pour le moins discret, il n’y a aucun constructeur français présent à l’IAA de Francfort ! Le salon allemand est pourtant l’un des rendez-vous automobiles majeurs de cette année 2019, avec Genève et Tokyo. Alors pourquoi ni Peugeot, ni Citroën, ni DS, ni même Alpine n’ont jugé bon de faire le déplacement ?

Domination allemande

La raison est évidente : les coûts ! Confrontés à des politiques d’économie et, surtout, à des investissements sans précédent pour le développement des nouvelles technologies (voiture électrique en tête), la plupart des constructeurs et des groupes automobiles concentrent leurs efforts sur un unique salon majeur par continent. Les marques françaises sont d’ailleurs loin d’être les seules absentes de la grand-messe francfortoise, puisque aucune marque du groupe italo-americain FCA (Fiat, Abarth, Alfa Romeo, Jeep, Maserati et Ferrari) n’est présente, pas plus que celles des groupes japonais Toyota ( Toyota et Lexus) ou Nissan, allié de Renault (Nissan et Infiniti). Une liste encore gonflée par les constructeurs anglais Bentley, Rolls Royce, les Japonais Mazda et Suzuki ou le Coréen Kia.

Vous l’aurez compris, un facteur géographique explique aussi cette participation en berne au salon de Francfort. Les constructeurs étrangers préfèrent désormais consacrer leur argent à d’autres fins plutôt qu’à un événement coûteux où les locaux se montrent tout-puissants, reflétant assez bien la répartition du premier marché européen, où les marques nationales représentent plus de 50 % de parts de marché, et même 70 % en intégrant Skoda et Seat (propriété de Volkswagen), Mini (propriété de BMW) et Ford, dont la gamme européenne est souvent assimilée à un constructeur allemand. Ces marques préfèrent donc désormais mettre en place leurs propres micro-événements pour présenter leurs nouveaux modèles, et ainsi s’assurer d’une présence médiatique personnalisée sans se retrouver noyées dans la foule de nouveautés.

A double tranchant

Francfort est toutefois loin d’être un cas isolé. Les autres salons automobiles subissent les mêmes déconvenues pour des raisons similaires. Toutefois, au-delà de la couverture médiatique très importante de ces salons internationaux, c’est surtout la présence du public qui reste pratiquement stable.

Les absents du Mondial de l’Automobile de Paris l’an dernier ont dû se mordre les doigts en apprenant que plus d’un million de visiteurs avaient arpenté les allées, se privant ainsi de la plus grande vitrine mondiale en son genre. En sera-t-il de même pour ce salon de Francfort, dans un pays où l’automobile tient une place prépondérante dans l’économie nationale autant que dans le cœur des habitants ?