VIDEO. Pollution : Les véhicules SUV dans le viseur de Greenpeace

AUTOMOBILE Selon un rapport de Greenpeace, l’industrie automobile est responsable d’un dixième des émissions mondiales de gaz à effet de serre

20 Minutes avec AFP

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Un SUV de la marque Jaguar au Salon international de l’automobile de Genève en 2017.
Un SUV de la marque Jaguar au Salon international de l’automobile de Genève en 2017. — Emmanuel Joffet/SIPA

A l’occasion de l’ouverture du salon automobile de Francfort, ce mardi, l’ONG Greenpeace a dénoncé  la pollution de l’air engendrée par les gros véhicules 4x4 (SUV), désormais omniprésents dans les gammes des constructeurs.

Les militants de l’ONG avaient installé à l’arrière d’un 4X4 un ballon noir géant avec l’inscription « CO2 ». « Une révolution des transports sans les tueurs de climat », était-il écrit sur leurs affiches.

« Nous demandons à cette industrie de changer radicalement, ou d’être responsable devant l’Histoire »

« L’industrie automobile n’a toujours pas compris la crise du climat. Au lieu de célébrer ici les SUV gourmands en carburants, les constructeurs doivent en finir avec ces chars d’assaut urbains et arrêter les moteurs à combustion », a déclaré Benjamin Stephan, militant de l’ONG. Près d’un dixième des émissions mondiales de gaz à effet de serre : c’est, selon une étude de Greenpeace, le bilan carbone 2018 de l’industrie automobile. « Au total, les 12 constructeurs qui ont été passés au crible pour ce rapport sont responsables de 4,8 gigatonnes d’émissions carbone », a expliqué Greenpeace dans un communiqué diffusé mardi matin.

Les plus gros constructeurs sont logiquement les plus gros pollueurs : Volkswagen arrive en tête des émissions, devant Renault-Nissan, Toyota, General Motors et Hyundai-Kia. A eux cinq, ils représentent 55 % des émissions carbone de la filière, selon Greenpeace. « Nous demandons à cette industrie de changer radicalement, ou d’être responsable devant l’Histoire », déclare l’ONG.

« Tueur de climat à bord »

L’industrie automobile, sous pression des régulateurs européens, a engagé un virage vers la mobilité électrique, visible à Francfort, avec un grand nombre de nouveaux modèles électriques ou hybrides (essence-électrique). Des sommes importantes sont également investies pour améliorer la consommation des moteurs thermiques. Mais, aux yeux de Greenpeace, « l’amélioration de l’efficacité de l’essence et des véhicules hybrides ne sont plus des solutions suffisantes à la crise climatique. Au contraire, ils retardent les changements fondamentaux nécessaires, et la progression actuelle des ventes de SUV (4x4 urbains) est une menace de plus pour notre climat ».

Greenpeace Allemagne avait déjà mené ce week-end une action contre un cargo transportant des SUV à Bremerhaven, « Tueur de climat à bord ». « Chaque vente de SUV nous condamne à des émissions de CO2 plus élevées sur l’ensemble de sa durée de vie », regrette Greenpeace dans son rapport, arguant qu’ils émettent davantage de gaz à effet de serre que les autres types de véhicules.