Bientôt une première mondiale pour les navettes autonomes à La Défense

INFO «20 MINUTES» Depuis quatre mois (et jusqu’en décembre), trois navettes autonomes gratuites et 100 % électriques sillonnent l’esplanade de La Défense. L'expérimentation devrait se prolonger de six mois avec peut-être une première mondiale...

Floréal Hernandez

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La navette autonome Navya sur l'esplanade de La Défense. (Illustration)
La navette autonome Navya sur l'esplanade de La Défense. (Illustration) — ROMUALD MEIGNEUX/SIPA
  • Selon une étude que 20 Minutes a pu consulter, les navettes sont plébiscitées par les voyageurs qui les ont empruntées.
  • Pour l’instant un agent est dans le véhicule, mais un essai sans pourrait avoir lieu.

Rarement un transport en commun avait obtenu de tels scores de contentement à Paris. 20 Minutes a eu accès à l’enquête IFOP* sur le taux de satisfaction des utilisateurs (ou non) de la navette autonome en service sur l’esplanade de La Défense (opération portée par Defacto, Keolis et Navya). Ainsi après quatre mois d’expérimentation, le véhicule sans chauffeur (15 places dont 11 assises) mais avec un agent d’accueil recueille : 97 % d’utilisateurs satisfaits (57 % très satisfaits), 89 % des voyageurs ont l’intention de le réutiliser, 97 % pour le confort et 98 % pour le sentiment de sécurité à bord. Et même 100 % pour la propreté à bord !

35.000 voyageurs en quatre mois

« Ça fonctionne, ça plaît, se réjouit Stéphane Beaudet, vice-président de la région Ile-de-France en charge du transport. Les utilisateurs réutilisent la navette et ceux qui s’en moquent ne sont pas gênés. » Depuis fin juin, 35.000 voyageurs sont montés dans l’une des trois navettes Navya 100 % électrique, 100 % autonome et gratuite (coût de l’expérimentation 350.000 euros financée par Ile-de-France Mobilités, ex-Stif). « Ce type de véhicule peut répondre à la question du premier ou du dernier kilomètre », poursuit-il. L’élu voit plus loin : « La frontière entre le transport public sur route et le transport personnel sur route va s’effacer dans les années qui viennent. Ces navettes autonomes sont une nouvelle appréhension de ce que peut être le transport public. Et je ne parle pas de science-fiction. »

A La Défense, c’était la deuxième expérimentation des navettes autonomes dans la région après le pont Charles-de-Gaulle à Paris entre les gares de Lyon et Austerlitz. « L’intérêt sur l’esplanade était la confrontation avec les usagers, la contrainte routière qu’il y avait, explique Stéphane Beaudet. On teste toutes les formes d’utilisation de ces véhicules. »

Bientôt une première mondiale ?

Un prochain essai est inauguré à Vincennes, ce vendredi, avec une expérimentation de six mois entre le Château de Vincennes et le parc Floral d’abord puis jusqu’à la Cartoucherie ensuite. « Cette expérimentation préfigure une ligne de bus », dit-on à Ile-de-France Mobilités. Des expérimentations en grande couronne sont en réflexion. Elles pourraient se faire sur un campus universitaire, un grand centre hospitalier ou un cluster où les distances peuvent être grandes entre les bâtiments.

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Mais avant Stéphane Beaudet espère une première mondiale à La Défense. L’expérimentation sur l’esplanade doit être renouvelée pour six mois, à cette occasion, pour la première fois la navette pourrait être en autonomie totale sans agent à son bord. Ce que ne permet pas actuellement la réglementation. « C’est réalisable, assure l’élu. C’est audacieux ! ».

*Enquête menée par l’IFOP en octobre sur 574 personnes, dont 369 utilisateurs à la descente de la navette autonome, 85 anciens utilisateurs et 120 non-utilisateurs ou riverains.