20 Minutes avec agences
L'essentiel
- Les nouveaux animaux de compagnie (NAC) ne se limitent plus à des mammifères comme le lapin ou le cochon d’Inde.
- De nombreuses espèces offrent des expériences très différentes et présentent des caractéristiques singulières qui plaisent aux amateurs.
- L’acquisition de telles espèces implique de fortes responsabilités, légales, mais aussi éthiques.
Pour celles et ceux que les chiens et les chats n’attirent pas, les Nouveaux Animaux de Compagnie (NAC) représentent un choix alternatif qui ne cesse de se développer. Aux classiques lapins, cochons d’Inde et autres, se sont rapidement ajoutées des espèces encore plus exotiques. D’autres mammifères, mais aussi des reptiles et des amphibiens et même des invertébrés, se retrouvent aujourd’hui avec le statut de compagnons dans les maisons.
Les réseaux sociaux jouent un rôle majeur aujourd’hui dans l’émergence de tendances, mettant en lumière des animaux que personne jusqu’alors n’aurait vraiment imaginé avoir dans sa chambre. Néanmoins, cela ne va pas sans dérives et de dangers liés à la promotion d’espèces pouvant être menacées et dont les besoins réels ne sont pas du tout adaptés à une vie en maison ou en appartement.
Si certaines espèces, malgré leur caractère un peu incongru (serpents, mygales, etc.), sont relativement bien identifiées parmi les NAC, d’autres sont encore un mystère pour la plupart du public.
L’axolotl (Ambystoma mexicanum)
Cet amphibien à l’allure singulière a tout ce qu’il faut pour séduire avec son allure presque extraterrestre, arborant notamment de grandes branchies plumeuses externes. Cela est dû à une particularité assez unique nommée néoténie, qui voit un animal conserver ses caractéristiques juvéniles tout en étant en mesure de se reproduire comme un adulte. L’axolotl, à la différence d’autres amphibiens, passe donc sa vie à l’état larvaire.
Son allure quasi joviale contribue à son succès et il est même présent dans plusieurs grandes licences de la pop culture (Minecraft, Pokémon, etc.).
Élevé et sélectionné en différentes teintes, l’axolotl se montre toutefois sensible aux variations de son environnement et demande une gestion scrupuleuse de son aquarium.
Les piranhas (Pygocentrus sp.)
Le terme désigne plusieurs espèces que certains aquariophiles apprécient de plus en plus. À l’opposé du caractère mignon de l’axolotl, ces poissons cultivent une image agressive, largement exagérée par la culture populaire et un manque de connaissances du public sur leur écologie réelle.
Dans un aquarium, les piranhas impressionnent avec leurs dents acérées. On est toutefois loin des animaux sanguinaires d’Hollywood et ces poissons relativement timides peuvent aisément être admirés sans risque. Il leur faut toutefois un volume d’eau et un habitat correctement enrichi pour s’épanouir. Ce n’est pas donné à toutes les bourses.
Le pogona (Pogona vitticeps)
Ce grand lézard diurne originaire des zones arides et semi-désertiques de l’Australie s’impose comme l’un des reptiles les plus plébiscités par les amateurs. Sociable et docile, il se manipule assez aisément, ce qui simplifie la gestion du quotidien et des soins, mais aussi les éventuelles interactions.
Contrairement à d’autres espèces nocturnes dont l’écologie impose des approches différentes, le pogona, aussi appelé dragon barbu, peut ainsi être traité plus aisément comme un animal de compagnie partageant le rythme d’un humain.
Attention toutefois, il s’agit d’un animal qui nécessite des investissements importants pour aménager un terrarium, un réseau d’éclairage et un système de chauffage garants de son bien-être.
Le phalanger volant (Petaurus breviceps)
Ce petit marsupial a la capacité de planer d’un point à un autre grâce à une membrane de peau tendue entre ses membres. Véritable peluche vivante, il séduit évidemment par son allure ultra-mignonne, ses expressions adorables et ses attitudes qui évoquent beaucoup plus un animal de compagnie classique.
Facile à transporter dans une poche, le phalanger volant permet une forme de proximité qui attire, en plus de son allure singulière et hors du commun.
Grégaire et nocturne, c’est un animal qui demande beaucoup de soins et plus d’attention qu’on ne le croit. Il peut être déprimé par la solitude et une manipulation inattentive peut être à l’origine de morsures.
Les cloportes tropicaux (Armadillidium sp., Porcellio sp.)
Les invertébrés aussi ont conquis l’univers des nouveaux animaux de compagnie, n’en déplaise aux idées reçues. Plusieurs espèces sont même devenues de véritables phénomènes au sein des communautés d’éleveurs d’espèces exotiques. Si les cloportes indigènes en France métropolitaine ne brillent pas forcément par une allure remarquable, plusieurs espèces venues d’ailleurs arborent des couleurs et des tailles nettement plus impressionnantes.
Ces crustacés terrestres ne demandent que peu d’entretien et peuvent évoluer dans des terrariums bioactifs qui donnent la sensation de les observer dans leur milieu naturel. Bien entendu, l’élaboration d’un tel habitat demande un bon niveau d’investissement, mais l’espace nécessaire n’est pas forcément énorme par rapport à d’autres NAC. Il faut également être très vigilant face aux risques de fuites puisqu’il s’agit toujours d’espèces exotiques dont l’impact sur les écosystèmes locaux n’est pas forcément connu.
Les escargots géants (Achatina sp., Lissachatina sp.)
On est bien loin du chien ou du chat avec un mollusque ! Néanmoins, ces escargots gigantesques (coquille de plus de 20 cm de long), pour la plupart originaires de régions tropicales d’Afrique de l’Est, attirent par leur caractère placide et l’entretien relativement réduit qu’ils peuvent demander. Attention cependant, derrière une allure inoffensive peut se cacher une espèce au potentiel invasif et destructeur. C’est pour cette raison que certains pays interdisent même l’accès à ces escargots. En France, leur détention est soumise à des règles très strictes, comme pour d’autres NAC, et doit s’accompagner d’une éthique irréprochable. Le risque de parasites transmissibles à l’humain ne doit pas non plus être pris à la légère.
Responsabilités et finances accrues
Il est donc aujourd’hui possible d’adopter des NAC qui offrent une relation bien différente du quotidien d’avec un chien ou un chat. Bien entendu, cela doit d’abord s’appuyer sur une réflexion poussée et une démarche rigoureuse dans l’acquisition afin de s’assurer d’une provenance légale notamment.
Les besoins des espèces exotiques engendrent également des frais que l’on sous-estime parfois et qui peuvent représenter un budget très conséquent à long terme. Il est donc nécessaire non seulement de sonder sa capacité à s’occuper d’espèces singulières, mais aussi de financer les équipements indispensables à leur bien-être.
Attention à la loi
Beaucoup d’espèces sont classées comme non domestiques aux yeux de la loi française et leur détention peut s’accompagner de contraintes administratives fortes : certificat de capacité, autorisation préfectorale, etc. Par ailleurs, les vétérinaires ne sont pas tous formés à la gestion de telles espèces. Une nécessité de soins peut donc vite devenir un problème.
Nos articles sur les reptilesDans tous les cas, il est primordial de se méfier des modes et des tendances, notamment nourries par des publications sur les réseaux sociaux qui rendent certains animaux plus « désirables ». De nombreuses espèces restent menacées dans leurs milieux naturels et les pressions liées à une demande forte peuvent contribuer à accentuer un déclin déjà amorcé. Le bien-être animal ne concerne pas uniquement les mammifères et doit être au cœur de toute action d’acquisition légale d’un ou plusieurs individus.