Amélie Mauresmo lors de l'Open d'Australie, le 20 janvier 2015.
Amélie Mauresmo lors de l'Open d'Australie, le 20 janvier 2015. - BPI/BPI/REX/REX/SIPA

Elle a annoncé ça sur Twitter et Facebook, en toute décontraction. Une photo de mini-chaussures à côté des siennes, et un message: «Bébé arrivera en août!» Amélie Mauresmo est enceinte et fière de l’être. Première sportive française à faire son coming out, à seulement 19 ans, en 1999, l’ancienne championne de tennis a pris pour habitude de ne pas se cacher. Et de dire les choses bien avant les autres. D’ailleurs, elle est toujours l’une des seules à l’avoir fait dans le sport français.

 

Sans forcément le chercher ni le revendiquer, elle fait figure de modèle pour beaucoup. «C’est un exemple pour toute la communauté. Elle avait déjà été une précurseure à une époque ou assumer son homosexualité était rare, en tout cas en France, explique Amandine Miguel, porte-parole de l’inter-LGBT et déléguée en charge de la visibilité lesbienne. Elle est un modèle très positif, notamment pour les jeunes lesbiennes, gays, bi.e.s et trans en train de se construire. Ça aide.»

«Elle illustre parfaitement la réalité d’aujourd’hui»

Icône de toute une génération de lesbiennes au tournant des années 2000, celle qui fût numéro 1 mondiale en 2004 puis 2006 a franchi une nouvelle étape en rendant publique cette grossesse. La PMA, promise par Hollande pendant sa campagne, retirée de la loi sur le mariage pour tous avant que la loi famille, dont elle devait faire partie, ne soit reportée sine die, est un vrai sujet de société. «Elle illustre parfaitement la réalité d’aujourd’hui. La PMA est le mode d'accès à la parentalité le plus fréquent pour les couples lesbiens. Elle a 35 ans, elle est couple... Qu’on soit lesbienne, hétéro, etc, c'est positif qu'on puisse annoncer cela de manière naturelle, reprend la militante. Les réactionnaires ont tendance à nier les réalités, une piqûre de rappel ne peut pas leur faire de mal. Et Mauresmo a beaucoup plus de poids que des centaines de couples lesbiens qui vivent la même chose.»

Sur le court aussi, la Française fait figure de précurseure. Première femme à entraîner un tennisman, en l’occurrence Andy Murray, elle s’était montrée heureuse de «pouvoir faire bouger un peu les lignes», même si évidemment le challenge professionnel prime toujours. «C'est une personnalité qui a marqué son époque concernant l’égalité des droits», juge Amandine Miguel. En disant les choses, tout simplement.

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