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Equipe de France féminine/Alain Portes: «Je ne fonctionne bien que si j’aime mes joueuses»

Equipe de France féminine/Alain Portes: «Je ne fonctionne bien que si j’aime mes joueuses»

HANDBALL – Le nouveau sélectionneur de l’équipe de France féminine fait le point sur son groupe avant le Mondial en Serbie le 7 décembre…
Propos recueillis par Romain Scotto

Propos recueillis par Romain Scotto

Pour la première fois en quinze ans, les Françaises ne seront pas dirigées par Olivier Krumbholz lors d’une compétition majeure. Alain Portes, nommé en juin, effectuera son baptême lors du Mondial en Serbie à partir du 7 décembre. Mais avant cela, l’ex-sélectionneur de la Tunisie (masculine) s’est arrêté par Pour faire le point sur son groupe, et préparer un tournoi amical (samedi et dimanche) à Coubertin…

Avez-vous déjà apporté des nouveautés dans le fonctionnement de l’équipe?

Apparemment, oui, dans le fonctionnement. J’ai des convictions sur la philosophie. Ça se traduit par des choses concrètes. Je tiens à une uniformité vestimentaire. Pas pour faire du zèle. Mais parce que le plus important, c’est l’équipe. Le meilleur moyen de mettre en avant l’équipe, c’est de donner une image collective soudée. Ça passe par là. Ce n’était pas dans les habitudes précédentes où on se contentait d’afficher le sponsor. Mais ça montre qu’on est ensemble. Je pense que cette équipe ne peut gagner que si elle joue ensemble. Il n’y a pas suffisamment d’individualités.

Avec quel objectif partez-vous au Mondial?

On ne m’en a pas demandé. Si ça avait été le cas, je n’aurais pas accepté le poste. L’objectif est de gagner des matchs couperets à partir des huitièmes de finale. Si on en gagne deux, ce serait super. Ce serait un très bon Mondial. Mais je sais la difficulté qui nous attend.

Qu’est ce qui vous a étonné depuis votre prise de fonction?

De l’extérieur, j’avais l’impression qu’il y avait des clans. Mais en fait je me suis trompé. Ce sont des filles qui vont les unes vers les autres. Qui ont des valeurs qui me plaisent. Elles sont humbles, généreuses vis-à-vis de leur partenaire. Si elles ont des états d’âme, elles sont assez fortes pour les masquer. Elles adhèrent sans limite à ce qu’on leur propose. Ça c’est une vraie bonne surprise. On m’en avait dit du bien, mais je suis conquis. Moi je ne fonctionne que si j’aime mes joueurs ou mes joueuses. Si la relation n’est pas terrible, je n’arrive pas à donner ma plénitude.

Pensez-vous que l’équipe est mieux armée pour aborder ce Mondial?

C’est dans la difficulté qu’on verra si les gens sont sereins, calmes. Je leur ai posé la question: «Vous faites du sport de haut niveau pour avoir peur? Peur de l’échec?» Effectivement, certaines étaient crispées lorsqu’elles jouaient. Il y avait ce besoin de retrouver un peu de naturel. J’avais l’impression que les derniers matchs étaient une souffrance.

Quelles choses nouvelles comptez-vous apporter en termes de jeu ?

Le vrai problème, c’est le temps. J’en ai eu très peu. Il me faudra une année pour mettre ma patte sur l’équipe. Mondial compris. J’ai mis en place mes idées. On verra au Mondial, si ça fait un peu trop de nouveautés. Mais mon objectif n’est pas tout proche. C’est les Jeux de Rio. Il faut déjà s’y qualifier.

Les joueuses sont pourtant ambitieuses pour ce Mondial…

Oui, l’une d’entre elle m’a dit: «Moi je veux être championne du monde.» Très bien, je n’ai rien contre l’ambition. Mais je ne suis ni optimiste ni pessimiste, juste réaliste. Je sais pourquoi elles disent ça. Parce que cette équipe de France a fait les deux dernières finales du Mondial. Elle battant des équipes plus fortes qu’elle parfois. Mais aujourd’hui il y a des nations plus fortes que nous.