• Didier Deschamps n'a pas snobé Anthony Martial ni Nabil Fekir
  • Le sélectionneur a même surpris son monde en appellant Pavard et N'Zonzi

Il restera toujours des sceptiques, c’est entendu. Mais il faut savoir reconnaître les évidences, on n’a rien à dire sur la dernière liste de Deschamps, compte tenu des absents, une tripotée quand même : Lloris, Sidibé, Mendy, Pogba Kanté, Lemar, Payet, Dembélé. A croire que le sélectionneur a simplement choisi de cocher les noms proposés par le twittos game.

Fekir oublié, la dernière fois, un scandale au vu son début de saison mammouthesque? Il est de retour, et DD a tenu à mettre les choses au clair : il lui est arrivé de le prendre alors qu’il ne le méritait pas (à l’automne dernier) alors il peut bien le laisser à la maison une fois de temps de temps sans qu’on vienne lui chatouiller les castagnettes.

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« J’ai toujours dit du bien de lui. Je pense avoir fait tout ce que j’ai pu pour qu’il choisisse l’équipe de France [lorsqu’il hésitait avec l’Algérie]. Ce n’était pas évident. Je le reconnais sans problème : j’ai eu à le sélectionner à des périodes où il était peut-être moins performant. Je n’oublie pas non plus qu’il a eu une grave blessure sous le maillot bleu (face au Portugal en septembre 2015, ndlr). Et qu’à un moment, il n’y avait peut-être pas autant de concurrence dans le domaine offensif mais c’était important pour moi qu’il sente cette confiance ».

BIM. Ça s’est fait. On passe au cas Martial, remplaçant le plus efficace d’Europe depuis le mois d’août. Lui aussi pouvait s’estimer lésé, et puis bon il est passé par l’OL, donc c’est forcément un complot anti-lyonnais de DD, comme d’habitude. Vous voulez Martial ? Le voici, le voilà : « il n’est pas le moins performant quand il sort du banc, c’est un point important dans les grandes compétitions quand on veut espérer changer la donne ».

Autre critique récurrent : Deschamps se bornerait à appeler les mecs qui jouent dans les 2/3 meilleurs clubs de leur championnat sans jamais s’intéresser aux autres. Bref, le sélectionneur suivrait mal le foot. En réponse, DD balance les blazes de Benjamin Pavard, que personne n’a vu jouer depuis qu’il s’est carapaté à Stuttgart, et Steven N’Zonzi un an après la hype qui a un temps escorté la deuxième carrière du milieu sévillan. Bon, il en fait peut-être un peu beaucoup, sinon il saurait que Pavard ne joue presque jamais arrière-droit, le poste pour lequel il a été appelé. Mais on ne ferme pas le clapet des twittos en étant uniquement de bonne foi.

Que peut-on lui reprocher, sinon ?

  • Ne pas avoir pris Benzema >>> L’attaquant madrilène n’a pas spécialement réchauffé l’atmosphère dans son interview aux Inrocks, et il faudrait commencer aussi à remettre en perspectives quelques certitudes. Benzema ne marque plus beaucoup au Real Madrid et joue de plus en plus loin du but. Vu le réservoir offensif des Bleus, sa présence n’est pas non plus indiscutable sportivement parlant
  • Ne pas avoir pris Laporte >>> La hiérarchie en défense centrale est assez claire, et ce n’est pas un scandale que le stoppeur de Bilbao attende son tour, « à moins qu’il ne joue arrière-droit », a rétorqué perfidement DD à un collègue qui lui demandait en creux si Pavard aussi lui passait devant.
  • Ne pas avoir pris Ben Arfa >>> même nous, on n’oserait pas

En résumé, c’eut été la conf’parfaite si Didier avait eu l’élégance de nous promettre qu’il se retirerait de lui-même après la campagne de Russie si les Bleus n’atteignaient pas les demi-finales, l’objectif seriné par le président de la 3Fau moment d'entériner sa prolongation. Mais notre sélectionneur à vie n’a pas voulu insulter l’avenir, ce n’est pas si évident de retrouver un boulot de nos jours.

« Je pars avec beaucoup d’ambitions et l’envie d’aller le plus loin possible. On en saura déjà plus après le tirage au sort le premier décembre. Après, ça peut-être aléatoire en fonction des équipes qu’on rencontre en avançant dans la compétition […] Je suis quelqu’un de positif, je ne vis pas avec des « si on est éliminés au premier tour, qu’est-ce que je fais ? ». J’espère que vous n’aurez pas à me poser la question cet été ». Nous aussi Didier, nous aussi.