Passer au contenu principalPasser à l'en-têtePasser au pied de page
Ligue des champions: Le Barça y croit beaucoup trop

Ligue des champions: Le Barça y croit tellement que ça en deviendrait presque insultant pour le PSG

FOOTBALLA entendre les Catalans, remonter le 4-0 serait presque normal...
Bertrand Volpilhac

B.V.

De notre envoyé spécial à Barcelone,

« S’il y a bien une équipe qui peut le faire, c’est le Barça. » C’est sans doute la phrase qu’on a le plus entendue ces trois dernières semaines et particulièrement mardi, lors de la conférence de presse d’avant-match. Derrière le mic', Suarez nous l’a envoyée en pleine gueule bien trois fois en 14 minutes, comme grosso modo tous les consultants dont au moins une grand-mère a un jour vu jouer Messi. S’il y a bien une équipe qui peut coller des 4, 5, ou 6-0, c’est le Barça.

Ouais. Contre Gijon, ou le Celta Vigo. Allez Leverkusen à la rigueur. Rarement contre un adversaire du calibre du PSG. Et pourtant, ça n’empêche pas les Barcelonais d’y croire fort. Genre fort fort fort. Genre trop fort pour qu’on assimile ça à une méthode Coué niveau CM2 pour assurer le taux du remplissage du Camp Nou.

Allez, on vous a choisi quelques déclas de la conf’ pour illustrer notre pensée. Rappel du contexte : lors du premier match à Paris, le PSG l’a emporté 4-0. Un score qu’aucune équipe dans l’histoire de la Ligue des champions n’a réussi à remonter au retour.

1. Luis Suarez (attaquant) : « Il faut être patient, conscient qu’on ne peut pas jouer de façon désespérée. On doit retourner le résultat mais ne pas jouer contre le temps. On a conscience que le match est long et il y a beaucoup de statistiques qui le démontrent, on peut beaucoup marquer en deuxième mi-temps. Il faut rester calme. »

Notre avis : C’est marrant parce que pour remonter un 4-0, on aurait plutôt dit un truc du genre « on va leur mettre le feu le premier quart d’heure et si ça sourit les mecs en face peuvent se mettre à paniquer et là on aura une chance ». Mais apparemment le Barça veut y aller tranquillou bilou. Pas de soucis les gars. Et à 0-0 à la 55e on commence à s’y mettre ou pas ?

2. Luis Enrique (coach) : « Faudra-t-il faire notre meilleur match depuis trois ans pour passer ? Non, je n’ai pas cette sensation. Ce match représente une difficulté inhabituelle. Mais nous ne sommes qu’au milieu de l’éliminatoire. S’ils en ont mis 4, on peut en marquer 6. Ça reste un match normal, je l’ai travaillé autant que d’autres matchs. On va faire comme toujours, chercher notre routine pour faire en sorte que les joueurs arrivent à jouer comme d’habitude. »

Notre avis : Pour réaliser un exploit extraordinaire, on pensait justement qu’il fallait réussir un match qui sorte de l’ordinaire. Mais visiblement torcher le PSG n’entre pas dans le cadre de l’extraordinaire.

3. Luis Suarez : « Je crois que j’ai été suffisamment clair en disant que le Barça peut marquer 4 buts. C’est nous, c’est le Barça, c’est ce que nous avons fait lors de la dernière année, de la dernière décennie, tout peut se passer. Que les supporters aient confiance en nous. »

Notre avis : En fait, on a pas compris. Il y a une équipe en face ou pas ? Elle a son mot à dire du coup ?

On parlera tous chinois après son quintuplé mercredi
On parlera tous chinois après son quintuplé mercredi - Francois Mori/AP/SIPA

4. Luis Enrique : « Je suis convaincu de ceci : on va être prêt. J’en suis convaincu depuis deux semaines. Ça ne veut pas dire qu’on va le faire facilement ou que le PSG ne puisse pas gagner mais à un moment donné du match on va être près de se qualifier. »

Notre avis : «…»

Ajoutez à cela les unes ultra optimistes des journaux locaux, Neymar qui nous annonce qu’il va coller au moins un doublé, les chants « Si se puede, si se puede » (« oui c’est possible ») du Camp Nou le week-end dernier, les deux dernières branlées collées en Liga avec une tactique révolutionnaire à 4-attaquants-qui-défendent-pas-une-paille et franchement, on serait presque à deux doigts de parier notre intéressement de l’année (en hausse de 100 % figurez-vous) sur une remontada.

Bref, l’idée n’est pas de bâcher gratuitement les Blaugrana pour passer ensuite pour des ânes mercredi soir quand ils auront réalisé l’irréalisable. Evidemment que le Barça est une grande équipe, la seule capable de faire un tel exploit (!). Mais on se demande juste à quel moment le PSG a perdu son droit au respect. A quel moment il était le paillasson que le Barça décidait ou non de souiller en rentrant d’un foot au parc avec ses potes. Leur performance à l’aller n’était pas suffisante ?

Evidemment aussi qu’il y a beaucoup d’effets d’annonce dans tout ça. Les joueurs barcelonais veulent se convaincre eux-mêmes que c’est possible et garder la face. Les journaux, eux, créer une attente. Les supporters, trouver une bonne raison de passer une soirée dans le froid du Camp Nou (on déconne, il fait 20° ici) en ayant la quasi certitude d’en ressortir déçus.

D’ailleurs, quand on parle à certains d’entre eux, ils ne sont pas plus fous ou arrogants que les autres. Notre sondage Ipsos-Insee-Sofres-Bva-OpinionWay réalisé auprès des 10 premiers péquins croisés aux abords du Camp Nou est sans appel :

  • 2 pensent que « ça va le faire pépouz »
  • 2 pensent qu’« on sait jamais, sur un malentendu » (ils adorent les Bronzés ici, étonnant)
  • 3 n’en ont absolument rien à foutre
  • 3 ont lâché un « c’est mort »

Bref, doit-on vraiment avoir peur de tout ça ? Doit-on vraiment craindre une élimination du PSG ? La vraie question de ce match n’est-elle pas de savoir si le PSG va passer mais plutôt s’il va réussir à se faire peur ? Est-on autorisé de penser que c’est Paris qui a la clé et qu’avec le même investissement qu’à l’aller, le match sera plié avant la mi-temps avec genre un contre fulgurant de Draxler ?

Un journaliste espagnol a résumé tout ça en une question à Blaise Matuidi, mardi : « Trouvez-vous ça étonnant que les joueurs du Barça croient autant à la remontada ? »

« « Pas du tout. Mais nous, on est plus concentrés sur ce que nous, on va produire. Les questions que l’on se pose c’est comment mettre en difficulté l’adversaire. On est ici aussi pour faire ce que l’on a bien fait au match aller. Bien sûr que c’est différent car ils sont chez eux, mais on est capables sur certaines phases aussi de mettre en difficulté cette équipe. » »

Change rien Blaisou, t’es le meilleur.