Passer au contenu principalPasser à l'en-têtePasser au pied de page
Ballon d’or: Ribéry ou Messi, à Lisbonne, il n’y a pas photo, «c’est l’année de Cristiano Ronaldo»

Ballon d’or: Ribéry ou Messi, à Lisbonne, il n’y a pas photo, «c’est l’année de Cristiano Ronaldo»

FOOTBALL – Mais les Portugais se méfient d’un éventuel arrangement pour faire gagner Franck Ribéry…
Antoine Maes

Antoine Maes

De notre envoyé spécial à Lisbonne,

Lundi, en fin d’après-midi, Christophe Jallet s’est livré à un bel exercice de diplomatie appliquée au football. Alors que les trois finalistes du Ballon d’or viennent de tomber, l’international français est évidemment interrogé sur les chances de Franck Ribéry. Au royaume de Cristiano Ronaldo, l’assemblée lusophone a évidemment tendu l’oreille au moment de la réponse du latéral droit français.

Qui ne s’est pas démonté. «Moi forcément, je suis à fond derrière Ribéry. Il a fait une très grosse saison. Ce n’est pas moi qui vote, mais j’espère de tout cœur qu’il aura ce Ballon d’or». Sourires crispés dans la salle, et notre Français qui se reprend: «Mais Ronaldo est un très grand joueur». Ouf, pas de crise internationale à l’horizon.

C’est que la possibilité d’un 2e trophée pour «CR7» a l’air de prime abord d’être devenue un enjeu quasiment national au Portugal. «Ici, les gens pensent que Cristiano Ronaldo devrait avoir au moins un ballon d’or de plus, assure Sergio Oliveira, journaliste pour TV Record. Messi en a quatre, et il n’y a pas autant de différence entre les deux joueurs. C’est l’année de Cristiano Ronaldo». 

«Tout le monde est surtout préoccupé par les difficultés économiques»

Dans une période où certains imaginent qu’on peut truquer le tirage au sort de la Coupe du monde, un autre coup de vice sur le Ballon d’or n’est pas à exclure. En novembre dernier, Fernando Gomes, le patron de la fédération, a même jeté un pavé dans la mare, estimant que «l’élection était truquée», après que la Fifa eut décidé d’allonger la période des votes. Le soir même, Cristiano Ronaldo eut la brillante idée de battre la Suède à lui tout seul avec un triplé. 

Mais l’ombre de Michel Platini inquiète: «On craint Ribéry ici. A cause de Platini. Les Portugais ne l’aiment pas beaucoup depuis l’Euro 84. Il y a ce sentiment que tout peut arriver», reprend Sergio Oliveira. Tout, c’est tout simplement saboter l’élection de la plus prestigieuse récompense individuelle du football mondial. 

De là à croire que les Portugais seraient prêts à dégoupiller en cas de magouille, il y a tout de même une marge. Certes, l’annonce de la place de finaliste de CR7 a provoqué des flashs infos sur les radios sportives. Mais dans la rue, les affiches sont surtout destinées à indiquer la date des prochaines manifestations pour le pouvoir d’achat et la défense des services publics. «A Madrid, Cristiano Ronaldo a beaucoup de soutiens, reprend Sergio Oliveira. Ici, à part les dirigeants, les entraîneurs et les joueurs, tout le monde est surtout préoccupé par les difficultés économiques». Qu’un deuxième Ballon d’or pour l’enfant du pays adoucirait à peine.