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Tour de France 2013: Les cinq sens du coureur par William Bonnet

Tour de France 2013: Les cinq sens du coureur par William Bonnet

CYCLISME – Le ressenti d’un cycliste pendant la course...
Romain Baheux

Romain Baheux

De notre envoyé spécial à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique),

Trois semaines de Tour de France, des milliers de kilomètres parcourus et des centaines de souvenirs amassés derrière le guidon. Mais en course, à plus de 40 km/h, que ressent un cycliste? Le coureur français de la FDJ.fr William Bonnet décrit ce qu’il perçoit pendant une étape. Visite guidée des cinq sens du coureur.

L’odorat. «Le peloton n’a pas vraiment d’odeur à proprement parler. Quand on roule sur le Tour de France, on sent surtout les odeurs de barbecue que font les spectateurs sur le côté de la route. Après, il y en a aussi qui se parfument beaucoup comme Thomas Voeckler. Au départ, on sait quand il est juste derrière nous (rires). L’été, le long des côtes on sent l’odeur de la mer. Parfois, quand on roule en campagne ça sent le lisier mais ça reste rare heureusement.»

Le toucher: «Les mains ne fatiguent pas vraiment car les gants sont assez épais et protègent bien. On est plutôt bien équipés donc il n’y a pas de problème. Les douleurs sont plus dues à la fatigue. Quand on a une étape assez agitée, il y a une tension musculaire que l’on sent remonter dans le coude jusqu’aux épaules et au dos. Le soir, on est fatigués à ce niveau là.»

La vue. «Quand c’est long et monotone, je regarde un peu le paysage pour penser à autre chose que la course. Quand on est dans le gruppetto en montagne, on profite un petit peu de la belle vue sur les vallées mais ça ne dure jamais longtemps. On regarde aussi si on reconnait du monde au bord de la route. Parfois, on s’attarde sur des choses qui nous amusent comme des supporters extravagants ou des mecs à moitié à poil.»

Le goût. «J’aime bien manger une banane en course, ça change des barres de céréales préparées que l’on mange toute l’année à foison. Parfois, on prend aussi des sandwichs, des tartelettes ou du riz au lait pour varier les goûts. On fait attention à s’hydrater régulièrement mais quand ça roule assez vite et que l’étape est nerveuse, on n’a pas la possibilité d’aller à la voiture chercher des bidons. Dans ces cas-là, tu as la gorge sèche, tu serais prêt à prendre le premier bidon et à l’engloutir d’une traite.»

L’ouïe. «Le bruit de la foule produit un brouhaha assez inexplicable qui nous entoure pendant qu’on roule. Sinon, ce qu’on entend le plus ce sont les coups de frein des coureurs pour se replacer dans le peloton et anticiper les mouvements devant eux. De temps en temps, des insultes fusent quand il y a des chutes ou des moments un peu chauds. J’entends toutes les langues mais ça parle surtout entre équipiers.»