Marathon des sables: A 80 ans, Joseph Le Louarn reprendra bien un peu de désert

ATHLETISME Le Francilien s'apprête à prendre le départ de son septième marathon des sables le 8 avril...

Romain Scotto

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L'ultra marathonien Joseph Le Louarn, lors d'un entraînement dans le bois de Vincennes, le 13 mars 2012.

L'ultra marathonien Joseph Le Louarn, lors d'un entraînement dans le bois de Vincennes, le 13 mars 2012. — A.Gelebart/20minutes

En faisant abstraction de la grisaille du ciel et du grondement continu de l’autoroute, Joseph Le Louarn se croirait presque dans le Sahara quand il crapahute sur les coteaux du bois de Vincennes. «Ici il y a tout ce qu’il faut pour préparer une course dans le désert. Du sable, des montées, des descentes, un peu comme les djebels. C’est l’idéal», lance ce pimpant octogénaire, (il fêtera ses 80 ans le 24 mai), en pleine préparation de son septième Marathon des Sables. A côté de lui, Jeannie Longo passerait pour une jeune fille, mais le doyen de l’épreuve marocaine (240 km à parcourir en six jours dans le désert en totale autonomie) refuse de parler «d’exploit surhumain.»

«Je pratique la course à pieds à mon niveau. Je ne cherche pas à être champion, sourit ce phénomène de longévité à qui on donnerait quinze ans de moins. Avec une bonne activité physique, on garde les idées claires et on chasse Alzheimer. En fait, je conserve mon endurance, sachant que d’année en année, j’avance plus lentement.» Avec ses bâtons et son sac de 10 kilos sur le dos, le vétéran marche plus qu’il ne court. Son approche est celle d’un «marcheur convivial qui aime l’aventure, note Patrick Bauer, le directeur de la course. C’est un cas exceptionnel. Quand on le voit, ça encourage à s’entretenir. Le sport rend vivant.»

Une dizaine de courses par an

Dans la chaleur du sud-Maroc, Joseph le Louarn n’a qu’un seul objectif: «Bien finir, sans (se) faire de mal et sans inquiéter mes proches.» Sa femme et son fils lui demandent souvent de lever le pied. Mais il en faut beaucoup plus pour freiner cet ancien haut fonctionnaire des douanes, accro à l’effort. Avant l’ultra-marathon, il participera à deux trails de plus de 50km, lui qui a subi ses premières ampoules sur la Diagonale des Fous, l’Ultra Trail du Mont Blanc ou les 100km de Millau. Au total, il s’inflige encore une dizaine de courses par an, rythmées par ses trois entraînements hebdomadaires. L’octogénaire n’est pas effrayé par les bornes. Ce qu’il redoute le plus, ce sont les nuits passées à même le sol. Sous les tentes du bivouac, le mot confort est banni. «Je suis de plus en plus raide, les articulations sont fragiles.»

En trente ans de pratique, il n’a jamais connu le moindre pépin physique, si ce n’est «quelques brûlures au deuxième degré l’année dernière». Aujourd’hui, il suit juste un traitement pour l’hypertension et subit quelques examens médicaux supplémentaires. «On le surveille un peu plus que les autres, c’est logique, reconnaît le directeur. En course, on se passe des petits appels radios avec le médecin. Joseph est passé? Oui, tout va bien, il continue». Ce qui lui permet encore de mater «des petits jeunes de 70 ans» sans jamais arrêter de tourner ses jambes. A l’entendre, il n’y a pas meilleure cure de jouvence.

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