Le sélectionneur de la Zambie, Hervé Renard, le 21 janvier 2012
Le sélectionneur de la Zambie, Hervé Renard, le 21 janvier 2012 - Amr Dalsh/REUTERS

B.V.

Dans le football français, trouver quelqu’un pour évoquer le cas Hervé Renard est un sacré défi. Et pour cause, l’actuel sélectionneur tricolore qui vient juste d’amener la Zambie en finale de la Coupe d’Afrique des Nations, dimanche (20h) face à la Côte d’Ivoire, n’a jamais vraiment fait son trou en France. Et pourtant, ce n’est pas faute d’avoir essayé. «J’ai voulu revenir en France en juin dernier, explique-t-il à RMC. Des clubs de National m’ont refusé.» Malgré une jolie réputation gagnée comme assistant de Claude Le Roy à la tête du Ghana en 2008, puis comme sélectionneur de la Zambie de 2008-2010 puis de l’Angola, Renard est snobé et se voit obligé d’enfiler de nouveau son costume de globe-trotter (il est aussi passé par la Chine et l’Angleterre), chez son premier amour zambien.

«J’ai déjà travaillé dans huit pays différents»

Finalement, en France, il n’y a qu’à Cherbourg qu’on se souvient de lui en tant qu’entraîneur. Alors président d’un club en grande difficulté dans le championnat National (3e division), Gérard Gohel décide en 2005 de donner sa chance à celui qui a su apporter «une façon nouvelle de voir les choses» à son équipe. «Ce qui lui arrive ne m’étonne pas du tout, lance-t-il. C’est un garçon sain, un vrai meneur d’homme avec une forte personnalité.» «Franc, capable d’être cordial tout en étant ferme» Renard possède aussi une grande «confiance en lui-même et en ses méthodes».

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Sans doute sa plus grande qualité, Renard sait qu’il est fait pour être entraîneur: «J’ai déjà travaillé dans huit pays différents, je peux m’adapter partout. Je parle très bien anglais, je me débrouille en portugais et je parle français. Je peux voyager, je n’ai pas peur d’aller dans des endroits qui paraissent étranges. Si on peut y vivre des émotions, ça me va.» Et tant pis si ça ne suffit pas aux clubs français. Renard, tout sauf un mercenaire, se fait une belle image et s’épanouit en Afrique. «L’important est de côtoyer le haut niveau, il n’y a que ça qui peut faire vibrer», conclut-il. Nul doute qu’en menant la Zambie au titre continental, sa côte de popularité en France grimperait en flèche. Et sans doute alors que les présidents de Ligue 1 ne lui claqueraient pas la porte au nez…